Quelqu’un dispute mon enfant: que faire?

L’éducation d’un enfant se fait rarement en tête-à-tête. Éduquer un enfant, c’est avant tout le mettre en lien avec le monde qui l’entoure. On aimerait que tout se passe sans encombre, et que les adultes soient toujours en accord avec nous sur les méthodes éducatives à adopter… Mais, vous l’avez remarqué, cela n’est pas toujours le cas. Plus souvent qu’on ne le croit, les autres qu’ils soient proches ou pas n’ont pas la même conception de l’éducation, et il existe autant d’idéaux et de pratiques qu’il y a de parents. Comment faire alors ? Comment réagir lorsque quelqu’un agit avec notre enfant d’une manière que nous n’approuvons pas ? Ici, la confiance et la bienveillance sont la clef.

L’acceptation : un point fondamental

Aucun ressenti de l’enfant ne devrait être rejeté par un adulte.
Lorsque l’on pratique l’éducation positive et bienveillante, il y a une difficulté à laquelle on doit régulièrement faire face : certains adultes ont tendance à minimiser ou à rejeter les ressentis de l’enfant. « Il n’y a pas de raison d’avoir peur !« , « Tu n’as pas mal, tu t’es à peine cognée ! » « Arrête de te mettre en colère pour si peu« … 

Si vous avez l’habitude de me lire, vous savez probablement ce que je pense de toutes ces questions ; et vous êtes probablement d’accord avec moi sur ce point : aucune émotion, aucun ressenti de l’enfant ne devrait être rejeté par un adulte. Ce qu’un enfant ressent… C’est tout simplement ce qu’il ressent ! Le rejeter, c’est purement et simplement nier ce qu’est l’enfant au plus profond de lui-même. La seule chose que l’on puisse faire devant la réaction d’un enfant, c’est l’accepter entièrement. Seule une acceptation totale permet de rebondir efficacement, et peut amener l’enfant à se construire des réactions acceptables et saines.

Les clefs de votre passé

Si l’un de vos proches a tendance à minimiser ou à rejeter les ressentis de votre enfant, inutile pour autant de vous énerver ou de tenter de le convaincre du bien fondé de vos partis pris. Les vieilles habitudes ne sont pas encore remises en question, et c’est bien triste, pour un grand nombre de gens. Malheureusement, la parentalité bienveillante n’en est qu’à ses débuts. C’est pourquoi vous pouvez expliquer calmement ce qu’est l’éducation positive et bienveillante. Vous pouvez au besoin lui faire lire mes articles et regarder mes vidéos. Cela l’aidera au moins à comprendre votre point de vue. Mais n’insistez pas si vous sentez de la résistance, car il ne sert à rien de prêcher dans le désert.

En tout cas, vous aurez planté une graine, c’est ce que je fais moi aussi en écrivant des articles ou en tournant des vidéos, présenter l’éducation positive à ceux qui ne sont pas tout à fait convaincus de ses bienfaits pour faire changer les mentalités.

En tout cas, vous aurez joué votre rôle et la personne aura toutes les clefs en main pour vous accompagner dans l’éducation de votre enfant s’il le souhaite ou pour changer son mode d’éducation.

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Prendre confiance en soi

Peur de blesser, peur de vexer, peur du conflit : de nombreuses raisons nous poussent à ronger notre frein et à laisser faire un adulte qui gronde, qualifie ou juge notre enfant, même lorsque cela nous parait totalement injustifié. Je vous comprends, ces situations sont particulièrement difficiles à vivre. 

Chez certaines personnes, cette difficulté est plus grande encore que pour les autres. Si cela est votre cas, je ne vous en blâme pas, bien au contraire. Je tiens tout de même à vous dire que, je l’ai constaté, la peur d’échanger avec l’autre, la peur de communiquer son point de vue, la peur de désapprouver un comportement… Tout cela renvoie généralement à un manque profond de confiance en soi.

Ce manque de confiance peut avoir plusieurs causes, que j’ai déjà évoquées avec vous dans mes articles. Vous le savez donc peut-être, le manque de confiance en soi renvoie le plus souvent à des blessures émotionnelles enfouies, notamment à de vieilles blessures de rejet et d’abandon. Si cela fait résonner quelque chose en vous, je vous invite à vous renseigner à ce sujet ; car faire grandir son enfant, c’est aussi grandir soi-même ! En pansant les blessures du passé et en retrouvant le chemin de la confiance, on offre à son enfant toute la sérénité et toute la sécurité dont il a besoin.

On gagne toujours à exprimer ce que l’on ressent, même lorsque cela nous semble difficile.
En tout cas, une chose est certaine. On gagne toujours à exprimer ce que l’on ressent, même lorsque cela nous semble difficile. Si l’on n’exprime pas ce que l’on ressent, on ne peut que cultiver du ressentiment, de la frustration et de la culpabilité. La somatisation et les angoisses ne sont jamais loin lorsque l’on tait ses émotions. 

Une dernière chose : n’oubliez jamais que vous n’êtes pas responsables de ce que les autres ressentent. La seule chose que vous pouvez faire, c’est tâcher de les comprendre et de vous exprimer avec bienveillance. Si malgré vos efforts, la personne en face de vous est blessée par vos remarques, vous n’avez pas à vous sentir responsable. Vous voulez simplement éduquer votre enfant selon vos idéaux, et vous n’avez fait qu’exprimer votre point de vue à ce sujet !

Que faire quand quelqu’un dispute mon enfant ?

Lorsque l’on aborde une situation de la bonne manière, on peut réagir correctement. Pour bien aborder les situations sociales difficiles, il existe une règle d’or : l’empathie. J’en suis convaincue, l’empathie vient à bout de tout ! 

Dans une situation comme celle-ci, il sera toujours inutile, voire contre-productif, de faire la morale à l’adulte, et de lui expliquer avec condescendance notre manière de voir les choses. Il faut toujours garder en tête que l’autre a également son ressenti, et qu’il n’agit jamais sans raison ou par pure méchanceté.

L’empathie commence toujours par la compréhension de l’autre. Je vous invite donc à l’interroger, afin de connaître son point de vue sur la situation. Que s’est-il passé ?  Pourquoi a-t-il grondé votre enfant ? Une fois que cela est bien clair dans votre tête et dans celle de votre interlocuteur, expliquez à votre tour votre ressenti et votre point de vue. « Je comprends que le comportement de mon enfant a pu vous blesser ou vous importuner. Mais votre réaction est difficile à supporter pour mon enfant, car je n’ai pas l’habitude de l’éduquer de cette manière. S’il recommence, la prochaine fois n’hésitez pas à m’en parler directement. Je réglerai le problème avec lui à ma façon. »

Nous ne pouvons pas changer les autres ni changer le monde, mais nous pouvons inspirer les autres à faire comme nous en devenant un exemple et non pas un juge. Et puis, ne l’oublions pas, la bienveillance, ce n’est pas QUE pour les enfants ! En utilisant avec les autres, les outils bienveillants de communication, d’écoute et de respect ont a beaucoup plus de chance d’obtenir leur écoute que si l’on utilise les mêmes armes qu’eux. La bienveillance suscite de la bienveillance alors que celui qui sème le vent récolte une tempête.

En vous exprimant avec bienveillance et en respectant le ressenti de l’autre, nul doute que votre message sera entendu et compris dans l’immense majorité des cas. Bien évidemment, certaines choses sont plus difficiles à dire que d’autres. Mais vous n’avez pas à vous en vouloir… L’éducation positive est un magnifique idéal ; osez vous affirmer, et expliquer notre point de vue aux autres pour faire évoluer les mentalités !