Martin Luther King. Faire de nos vies une réalité

Figure majeure de la non-violence et de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis, Martin Luther King est une autre personnalité qui m’a influencée, et dont j’aimerais évoquer avec vous le parcours. Ce pasteur courageux et charismatique a prouvé que, lorsqu’ils sont bien compris, les idéaux religieux doivent permettre à tous les hommes de se respecter et de s’émanciper.

Une famille pieuse et engagée

Ce qui frappe avant tout lorsque l’on se penche sur la biographie de Martin Luther King, c’est l’influence que sa famille aura eue sur sa vie et ses engagements.

Petit-fils et fils de pasteurs engagés dans les mouvements noirs de l’époque, Martin Luther King naît à Atlanta en Géorgie le 15 janvier 1929. Jeune homme brillant, il obtient une licence de théologie en Pennsylvanie, avant de devenir pasteur dans une église baptiste de Montgomery, Alabama, en 1954.

Les clefs de votre passé

Son statut relativement privilégié lui permet donc de faire de bonnes études et d’obtenir une situation plutôt enviable pour une personne noire américaine dans les années 50. Il subit pourtant, comme toutes les personnes de couleur à l’époque, une ségrégation et des violences racistes quotidiennes.

Des influences marquantes

Le statut de Martin Luther King lui permet avant tout de se construire une culture solide. Durant sa jeunesse, il a notamment la chance d’étudier plusieurs grandes figures de la défense des opprimés et de la non-violence.

Martin Luther King est d’abord influencé par Henri-David Thoreau, un philosophe américain du 19e siècle qui aura marqué les esprits par ses concepts de désobéissance civile et de simplicité volontaire.

Un pasteur doit se préoccuper des âmes autant que des conditions sociales et économiques
Il est également marqué par le théologien Walter Rauschenbusch, qui le persuade que les principes chrétiens doivent s’appliquer aux problèmes sociaux. Pour Martin Luther King, c’est désormais une évidence : un pasteur doit se préoccuper des âmes autant que des conditions sociales et économiques.

Enfin, Martin Luther King subit une dernière influence, et non des moindres : celle du Mahatma Gandhi. Il va même jusqu’en inde en 1959 pour en savoir plus sur cet homme, sur ses thèses, et sur ses luttes pacifistes.

Montgomery, Rosa Parks et le début de la lutte

Martin Luther King est donc engagé pour l’égalité et l’émancipation des noirs dès son plus jeune âge… Mais c’est un petit événement, une petite révolte isolée qui changera définitivement le destin de Martin Luther King et de tous les noirs d’Amérique.

Cette petite révolte, c’est celle de Rosa Parks. Lorsqu’elle décide le 1er décembre 1955 de ne pas céder sa place à un blanc dans un bus de Montgomery, cette courageuse couturière n’imagine pas à quel point son acte sera décisif. Interpellée par la police, Rosa Parks reçoit instantanément le soutien de toute la communauté noire de la ville. Martin Luther King prend la tête d’une organisation créée pour la soutenir.

Inspiré par Gandhi, le pasteur veut lutter pacifiquement. Pour cela, il appelle au boycott de la compagnie de bus. La lutte est longue, et les intimidations sont nombreuses. Mais un an plus tard, c’est la victoire. La première pierre de l’édifice pour l’égalité raciale aux États-Unis est posée : la ségrégation raciale dans les autobus est déclarée anticonstitutionnelle par la Cour Suprême des USA.

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Une figure centrale de la lutte contre les discriminations

Suite à cet épisode, Martin Luther King devient une figure centrale sur l’échiquier politique américain. Son charisme et sa culture lui permettent de faire entendre toutes les voix qui étaient jusqu’alors étouffées. Il devient le leader du mouvement des droits civiques, et il organise des actions collectives dans les villes du sud des USA, où la ségrégation sévit toujours au début des années 60. En 1963, il est arrêté et emprisonné suite à des actions contre la discrimination au travail à Birmingham. A cette occasion, le président Kennedy prend la mesure des violences que subissent les noirs américains. Dans un discours, il s’adresse au peuple américain dans son intégralité, et promet de faire quelque chose à propos des droits civiques.

C’est la même année que Martin Luther King prononce l’un des plus beaux discours jamais enregistrés : « I have a dream« . Son rêve, il l’expose à Washington, devant une foule de plus de 250,000 personnes. « Je fais le rêve qu’un jour, jusqu’au fin fond de la Géorgie, du Mississippi et de l’Alabama, les fils des anciens esclaves et les fils des anciens propriétaires d’esclaves pourront vivre ensemble comme des frères. » L’image est belle, marquante. En tout cas, cela est désormais clair dans tous les esprits : Martin Luther King refuse la violence. Il rejette la vengeance et prône avant tout le pardon.

Les mots pèsent parfois plus que les actes. Suite à ce discours, le nouveau président américain Lyndon Johnson signe le Civil Rights Act en 1964, qui instaure la fin de la ségrégation dans les lieux publics. La même année, Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix. En 1965, le Voting Rights Act renforce le contrôle de l’état fédéral sur le processus électoral, afin de protéger les droits civiques des noirs.

Un ultime discours prophétique

En 1968, Martin Luther King apporte son soutien à une grève des éboueurs de Memphis. Il prononce à cette occasion son ultime discours : I’ve been to the Mountaintop (Je suis allé jusqu’au sommet de la montage).

« J’ai vu la Terre promise. Il se peut que je n’y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir que notre peuple atteindra la Terre promise. Je ne m’inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur. »

Encore une fois, l’image est belle, parlante… Mais elle porte en elle une sombre prophétie. Le lendemain, le pasteur est tué d’une balle dans la gorge par un fanatique raciste. Plus grave encore, peut-être : ce crime abominable pousse de nombreuses personnes noires des quartiers défavorisés à des émeutes d’une rare violence. 46 personnes perdent la vie, au moment où la non-violence aurait été la plus belle des réponses…

La non-violence est la plus belle des révolutions, mais cet idéal ne sera jamais facile à atteindre. En allant jusqu’à perdre la vie pour ses convictions, Martin Luther King aura marché sur les traces du Mahatma Gandhi d’une façon exemplaire et totale. La haine ne doit pas nous décourager. Malgré leur mort, et peut-être même par celle-ci, ces deux figures centrales de la non-violence influencent toujours les débats et les politiques du monde entier. Plus tard, les actions de Nelson Mandela en Afrique du Sud le porteront à marcher dans leurs pas. La route sera encore longue avant d’atteindre l’égalité et la fraternité parfaites entre les hommes… Mais ne l’oublions jamais : les véritables avancées seront toujours pacifiques, et l’égalité voulue par Martin Luther King avait toujours pour base le pardon.

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