La blessure de rejet

La blessure de rejet est une blessure émotionnelle marquante et profonde. Elle affecte les personnes qui, durant l’enfance, ont grandi avec l’impression de ne pas mériter d’exister, et d’être fondamentalement rejetées par leur entourage.
Cette impression, qu’elle soit fondée ou non, amène l’enfant à construire des barrières paradoxales lors de son développement. Ces barrières, bien loin de le protéger, le conduisent à un isolement mêlé d’un sentiment de plus en plus prégnant de non-appartenance.
Comme toute blessure émotionnelle, la blessure de rejet peut être refermée. Tout en restant soi-même, il est possible de mettre un terme à cette fuite, et de se reconnecter à l’autre en se sentant aimé et reconnu. Il faut avant tout pour cela ne plus confondre besoin de solitude et isolement.

La blessure de rejet : un sentiment persistant

Lorsqu’ils grandissent avec le sentiment de ne pas avoir le droit d’exister et encore moins le droit d’être aimés
La blessure de rejet affecte généralement les enfants en bas âge, lorsqu’ils grandissent avec le sentiment de ne pas avoir le droit d’exister et encore moins le droit d’être aimés, c’est selon moi la blessure la plus douloureuse car celui qui la porte vit avec le sentiment de ne pas mériter de vivre et/ou qu’il ne vaut rien.

Les clefs de votre passé

Souvent, cette blessure apparaît lorsque les parents ont rejeté (consciemment ou non) leur enfant.

C’est évidemment le cas lorsque l’enfant n’a pas été entièrement désiré, ou lorsqu’il est venu au monde un peu « par surprise », naître fille lorsque l’on désirait un garçon… Mais cette blessure peut apparaître pour beaucoup d’autres raisons. L’enfant peut par exemple se sentir rejeté lorsque ses parents n’ont pas pu lui consacrer beaucoup de temps, lorsqu’ils n’ont pas pu lui apporter toute l’affection souhaitée, ou encore plus communément lorsque l’enfant a été rejeté, pour une raison ou une autre, par ses camarades.

Que le rejet soit réel ou simplement ressenti par l’enfant importe peu. Dans tous les cas, il commence à bâtir sa personnalité à partir de cette sensation première. Cela aura bien entendu des conséquences sur son développement et sur ses comportements une fois arrivés à l’âge adulte.

Rejoignez vous aussi les milliers d’abonnés à ma newsletter et recevez en cadeau mon livre « 5 clefs pour transformer votre vie »

Fuir pour ne plus souffrir

À tout âge, le sentiment de rejet est très difficile à vivre. Mais lorsque l'on est encore qu'un enfant, cette impression peut avoir des conséquences dévastatrices. Le manque de sécurité qui en émane pousse l'enfant à se construire des barrières durables... Autant d'habitudes qui finiront par s'ancrer profondément une fois atteint l'âge adulte.

Dans la grande majorité des cas, les enfants ayant grandi avec le sentiment d'être rejeté adoptent un comportement de fuite pour se protéger.

Durant l'enfance, la fuite est généralement imaginaire. L'enfant blessé se construit son petit monde à lui, onirique, peuplé d'amis et baigné d'une atmosphère protectrice et idéalisée.

L'adulte qu'il devient aura tendance à être un peu « dans la lune », avec une vie intérieure extrêmement riche. Cela n'est évidemment pas un mal en soi ! Il est tout à fait possible d'être épanoui en cultivant une bonne part de solitude et d'imaginaire…

Il lui est très difficile de créer et d'entretenir des amitiés, tant l'isolement fait partie de son quotidien.
Mais malheureusement, un adulte qui a mal refermé sa blessure de rejet finit par souffrir de ses propres techniques d'évitement. Il se sous-estime énormément, et vit avec l'impression constante de ne pas compter et de ne pas avoir sa place dans le monde. Il lui est très difficile de créer et d'entretenir des amitiés, tant l'isolement fait partie de son quotidien. Il éprouve de grandes difficultés à imaginer qu'on puisse l'aimer, et prend en conséquence l'habitude de saboter ses relations et de les fuir.  Au quotidien, il se fait toujours très discret, et cette discrétion finit par lui peser. Il communique peu, et n'ose pas s'affirmer, quitte à perdre progressivement confiance en lui. L'angoisse et la panique sont des compagnons silencieux, assis quotidiennement aux côtés de la personne blessée.

Refermer la blessure

Lorsque la fuite et le sentiment de solitude sont installés, il est souvent difficile de s'en apercevoir et de faire un retour constructif sur ses comportements. Difficile en effet de faire la part des choses entre un besoin de solitude légitime, une intériorité riche... et une fuite en vue de se protéger, et ne menant finalement qu'à un isolement stérile.

Pour sortir de ces mécanismes et soigner cette blessure de rejet, il faut donc avoir le courage de faire un travail honnête sur soi et ses comportements.

La solitude me pèse-t-elle ? D'où me viennent ces sentiments d'isolement et de non-appartenance ? Suis-je frustré de cette solitude ? Ai-je tendance à rejeter l'autre de peur qu'il me rejette, et à me faire plus petit que ce que j'aimerais être au fond ?

Répondre en toute honnêteté à ces questions est difficile. Mais avec une aide extérieure, on peut envisager de sortir de ses comportements négatifs et de refermer sainement la blessure de rejet.

S'ouvrir à l'autre en restant soi-même

Une fois que l'on a pris conscience de sa blessure première, et de tous les comportements négatifs qui lui sont imputables, on peut se reconstruire une personnalité en accord avec ses véritables  besoins affectifs et relationnels.

Il est important ici de garder en tête que s'ouvrir à l'autre ne veut pas dire s'éloigner de soi-même ! Bien au contraire, s'ouvrir et faire davantage confiance à l'autre permet de développer son intériorité, même lorsqu’elle est déjà riche et foisonnante. Partager, écouter, et ne plus fuir ni se protéger à outrance permet également de se découvrir d'une manière plus profonde et juste... tout en retrouvant l'affection et la tendresse qui jusqu'alors nous faisait cruellement défaut.

Se sentir rejeté durant l'enfance peut ouvrir une blessure difficile à refermer. Pour éviter de souffrir de nouveau, l'enfant et l'adulte blessés tendent à fuir. Cette fuite les amène à se terrer dans une solitude, qui, bien que propice à une intériorité riche et profonde, les empêche de se connecter véritablement à l'autre.
En prenant conscience de cette fuite et des désagréments qu'elle cause, on peut s'ouvrir à l'autre sans peur d'être rejeté. Cette ouverture à l'autre, en plus d'apporter l'affection et le soutien dont tout être humain a besoin, permet même de développer davantage son intériorité ! On cultive alors une personnalité entière, qui sait faire la part des choses entre le plaisir légitime d'être seul, et un isolement subi, source de souffrance.

Pour commencer ce travail de guérison, je vous conseille la méditation guidée de l’enfant intérieur .

2 réponses
  1. Axelle Dupont
    Axelle Dupont dit :

    Je me rappellerai toujours cette méditation noemie, le jour où tu m’auras fait partir retrouver et ramener cette petite fille si seule et profondement malheureuse, merci encore 🙂
    Axelle

    Répondre

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *