Je crie sur mes enfants, c’est plus fort que moi

« Je crie… Et je ne sais pas comment faire ! Pourquoi est-ce plus fort que moi ? » Cette situation est  taboue… Pourtant, elle est loin d’être isolée. Beaucoup de parents ne parviennent pas à juguler leur colère. Le schéma est souvent le même : sous le coup de la colère, ils crient. Mais très vite la culpabilité les submerge et ils regrettent leur réaction. Ils se promettent alors que la prochaine fois, ils réussiront enfin à prendre du recul. Pourtant, dès que la situation se reproduit, la colère prend automatiquement le dessus. Si cela est votre cas, sachez que vous n’êtes pas seul(e). Sachez surtout que vous êtes d’ores et déjà sur la bonne voie.

Les cris ne servent à rien

Si nous culpabilisons, c’est parce que nous le savons au fond de nous : crier ne sert absolument à rien.
Après avoir crié sur nos enfants, nous réagissons toujours de la même manière… Nous nous en voulons et nous culpabilisons énormément, puis nous nous promettons de ne plus jamais recommencer. Cela n’est pas un hasard ! Si nous culpabilisons, c’est parce que nous le savons au fond de nous : crier ne sert absolument à rien.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que ce n’est pas parce que l’on crie sur un enfant qu’il va mieux comprendre ce qu’on lui dit. Il en va d’ailleurs de même pour nous : si nous avons un chef qui passe ses journées à nous crier dessus, cela ne peut que nous stresser et nous rendre moins efficaces !

Pour enrayer la machine de la colère et des cris, cela doit être bien clair dans notre tête. Il ne doit y avoir pour vous aucun doute à ce sujet : crier sera toujours inutile. Il est possible, il est même beaucoup plus facile de se faire comprendre en adoptant des comportements positifs et bienveillants.

Arrêtons de culpabiliser

Crier ne sert à rien, mais entendons-nous bien : je ne cherche en aucun cas à vous faire culpabiliser.

Les clefs de votre passé

Je le sais bien, une fois la colère passée, la culpabilité nous envahit. On se dit que l’on a mal agi. On regrette certains mots blessants que l’on a pu proférer, et même parfois certains gestes brusques

Mais même si vous vous étiez promis de ne pas en arriver là, même si vous vous étiez promis de ne jamais utiliser la force sur vos enfants… Je vous demande de comprendre que vous faites de votre mieux. Oui, je le pense sincèrement. Vous faites de votre mieux avec les moyens dont vous disposez  au moment où la colère monte. Si vous saviez faire autrement, vous le feriez, c’est une évidence !

La culpabilité ne peut que renforcer les émotions négatives, et donc la colère.
Ce que j’écris pourrait sembler vain, et même naïf… Mais c’est pourtant essentiel. La culpabilité ne peut que renforcer les émotions négatives, et donc la colère. Pour sortir de la spirale, il faut impérativement enrayer cette négativité. Pour cela, il faut avant tout accepter de faire la paix avec soi-même.  

Reproduire des schémas malgré soi

Vous ne faites que reproduire inconsciemment les mauvais modèles que l’on vous a transmis.
Si vous agissez comme vous le faites, ce n’est pas parce que vous êtes un mauvais parent. Vous êtes humain, et vous ne faites que reproduire inconsciemment les mauvais modèles que l’on vous a transmis. Ces modèles vivent à travers vous, malgré vous. 

Concrètement, lorsque vous vous mettez en colère et que vous avez des réactions que vous regrettez a posteriori, vous ne faites le plus souvent que reproduire le contexte émotionnel qui était le vôtre lorsque vous étiez enfant. Ces attitudes que vous regrettez, ce sont celles de vos parents, ou des autres adultes qui étaient en charge de vous lorsque vous étiez petit.

Si vous avez l’habitude de me suivre, vous connaissez le principe des neurones miroirs : le cerveau scanne des images et des réponses à apporter aux situations. Face à un enfant « turbulent », votre cerveau se dit tout simplement qu’il doit reproduire ce qu’il a subi lorsqu’il se fabriquait des modèles. Vous l’avez d’ailleurs probablement remarqué… Dans ce genre de situation, vous dites les mêmes mots, vous avez les mêmes gestes, les mêmes attitudes que vos parents… Tout se passe comme si vous agissiez en dehors de vous-même. Et c’est d’ailleurs littéralement le cas !

Et si vous ne vous reconnaissez pas dans la reproduction, c’est parce vous n’avez pas compris que la violence dont vous avez été la victime n’a pas été donnée de la même façon. Peut-être que vos parents ne criaient pas, mais qu’ils étaient très culpabilisants, autoritaires, agressifs, dominants, ils disaient des mots blessants, vous jugeaient, vous comparaient… La violence a de multiples visages et elle est toujours une réminiscence de vieilles souffrances que l’on a tues et qui n’ont pu être exprimées en leur temps.

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Cultiver l’empathie

Dans mes articles, dans mes vidéos et lors de nos rencontres, vous trouverez de nombreux conseils concrets pour adopter des attitudes positives et bienveillantes avec vos enfants. En vous imprégnant de cet état d’esprit quotidiennement, il vous sera beaucoup plus facile de changer en profondeur. Vous êtes déjà sur la bonne voie ! Vous pouvez être fier de vous !

Sinon, vous ne seriez pas là à me lire et à chercher des solutions.

Pour vous engager plus facilement dans cette voie, je vous invite à cultiver l’empathie qui existe déjà en vous. Pour cela, le plus efficace selon moi est de tenter, lorsque vous êtes au calme, de vous remémorer ce que cela fait d’être un enfant qui vient de faire une bêtise et sur lequel on crie ou frappe. Tâchez de vous rappeler ce que vous ressentiez dans ce genre de situation, étant enfant. Prenez conscience que votre enfant ressent la même chose que vous lorsque vous étiez petit.

Encore une fois, je ne vous demande pas de faire cet exercice pour vous culpabiliser… Bien au contraire, vous le faites avant tout afin de réparer votre propre histoire. Vos blessures émotionnelles sont bien réelles, et vous devez prendre soin de vous. Ce n’est qu’en pansant vos propres blessures que vous pourrez prendre le contrôle de votre vie en vous créant de nouveaux modèles. Et surtout, si vous sentez que vous allez trop loin, faites-vous accompagner, que ce soit par moi ou par quelqu’un d’autre pour en finir et devenir enfin le parent que vous rêvez de devenir pour votre famille.

Notre passé nous influence quotidiennement, mais rien n’est jamais irrémédiable. La science, en particulier les recherches sur la plasticité cérébrale et la résilience le montrent : il est toujours possible de sortir des schémas néfastes et de se créer de nouvelles réactions… C’est le principe même des thérapies cognitives comportementales ! Vous êtes déjà sur la bonne voie. Je vous demande maintenant de tenir bon. À force de recherche, à force de pardon, à force de compréhension… Peu à peu, vous viendrez à bout de la violence et de la culpabilité. Vous saurez enrayer la spirale de la violence, et offrir à vos enfants de nouveaux modèles… Et pour cela, au nom de tous les parents et de tous les enfants du monde, je vous remercie infiniment.