Je frappe mon enfant, c’est plus fort que moi

Certains sujets, parce qu’ils sont tabous, sont particulièrement complexes à aborder. Mais il faut avoir le courage de le faire si l’on veut améliorer les choses. Aujourd’hui, j’aimerais parler avec vous d’un problème très difficile : les violences faites aux enfants.

Si vous lisez ces lignes, peut-être regrettez-vous d’avoir parfois recours à certaines formes de violence dans votre éducation. Violences physique, morale ou psychologique… Peu importe. Je vous demande simplement de me lire, et d’entendre ce que j’ai à vous dire. Jamais je ne me permettrai de vous juger et de condamner simplement vos actions. Je veux seulement que vous compreniez qu’il est toujours possible de changer les choses, et que rien n’est jamais irrémédiable. Pour cela, il n’y a qu’une seule solution : oser ouvrir son cœur.

Vous n’êtes pas un monstre

La chose la plus importante que j’aimerais dire aux personnes qui usent de violence envers leurs enfants est celle-ci : vous n’êtes pas des monstres. Je sais à quel point cela peut être difficile à lire dans une société qui a l’habitude de porter des jugements sur tout et sur tout le monde… Et pourtant j’en suis convaincue : il n’y a pas de monstre… simplement des schémas néfastes qui se répètent, car on ne prend pas la peine de les comprendre.

Si vous êtes adeptes de parentalité positive, il est probable que mes mots vous fassent bondir et vous offensent. Mais pensez-y en toute honnêteté, et avec une véritable bienveillance : est-il juste et efficace d’offrir de la bienveillance aux enfants, mais pas aux adultes ? La véritable bienveillance est universelle. Il n’y a qu’avec de l’écoute et de la compréhension que l’on peut faire évoluer les mentalités.

Les parents qui frappent, crient et utilisent toutes formes de châtiments pour éduquer leurs enfants ont plusieurs profils. Il y a ceux qui sont convaincus du bien-fondé de ce mode d’éducation, ils ont oublié les souffrances que ces méthodes ont créées chez eux. Ils reproduisent sans trop se poser de questions. Ils sont dans le déni de la gravité de leurs actes et malheureusement pas encore prêts à voir les choses autrement.

Les clefs de votre passé

Et, il y a ceux qui souffrent de leurs comportements. Ils savent que ce n’est pas bien, ils aimeraient appliquer des méthodes de parentalité différentes et sont totalement dépassés et malheureux de constater les dégâts que produisent leurs débordements émotionnels. C’est à ces parents-là que j’aimerais m’adresser dans cet article.

Les causes de la violence

Si vous avez l’habitude de me lire et de m’écouter, vous connaissez maintenant mon mode de fonctionnement. Il consiste simplement à essayer de comprendre avant de juger.

Tâchons de garder la tête froide et voyons comment les choses se passent lorsqu’un parent est violent avec son enfant : il est simplement submergé par l’émotion, et devient incapable de se maîtriser. Le parent n’est plus dans l’action contrôlée, mais simplement dans la réaction inconsciente.

Ceci s’explique assez facilement lorsque l’on étudie le mécanisme des blessures émotionnelles. Un parent qui utilise la violence ne fait que reproduire les schémas qu’il a vus, et le plus souvent subis, lors de son enfance. Faute d’avoir travaillé à ce sujet, il devient comme spectateur de son comportement, qu’il transmet malgré lui à son enfant. Une fois la crise de violence passée, le parent se retrouve généralement envahi de honte et de tristesse… comme après un mauvais rêve dont il serait impossible de se réveiller.

Rejoignez les milliers d’abonnés à la newsletter et recevez mon livre : 4 clefs pour ne plus crier et s'énerver

Répéter le passé

La violence n’est jamais choisie, et elle ne sort jamais de nulle part.
La violence n’est jamais choisie, et elle ne sort jamais de nulle part. Elle est toujours la reproduction de schémas que l’on a observés ou subis lors de son enfance. Cela s’explique en partie grâce au fonctionnement des neurones miroirs. Face à un enfant qui agit d’une manière perçue comme négative, un parent violent ne fait que reproduire le comportement que ses parents ou ses modèles auraient eu dans le même cas.

La confusion mentale est grande dans cette situation. Le parent violent est submergé par l’émotion et devient comme séparé de lui-même. Cela est évident pour lui, cette violence n’est pas la sienne… Et pourtant elle est bel et bien là, plus forte que tout, plus forte même que l’amour porté à son enfant. En s’observant avec bienveillance, on voit facilement que ce comportement est une reproduction, un calque de ce que l’on a vécu durant l’enfance. Avec le recul, on voit en soi les postures, les gestes et les mots de ses propres parents. En prendre conscience, c’est déjà faire un grand pas en avant. Cela permet de se pardonner, et surtout de sortir d’une culpabilité stérile pour passer à un mode supérieur de compréhension de soi-même… et enfin changer les choses.

Soigner le passé

Peut-être serez-vous sceptiques après avoir lu ces lignes… Si vous usez de violence, vous savez à quel point les conditionnements sont ancrés… À tel point qu’ils semblent irrémédiables. Et pourtant, les études récentes sur la plasticité cérébrale et sur la résilience ne laissent aucun doute à ce sujet. Il n’y a jamais rien d’irrévocable ! Il est toujours possible de revenir sur son passé pour rejeter les conditionnements qui nous font souffrir.

Il est donc impératif de travailler, avec l’aide d’un professionnel, sur ses blessures émotionnelles. J’ai consacré de nombreux articles et plusieurs vidéos à ce sujet. N’hésitez pas à les consulter pour vous faire une idée plus précise des mécanismes de votre psyché. Cliquez ce lien pour vous inscrire à ma newsletter.

Au fur et à mesure que vous progresserez sur les chemins de la guérison, tout s’éclaircira. La reproduction des schémas, les circonstances atténuantes que vous trouviez à vos parents, le manque d’empathie envers vous-même, le manque de compréhension… Tout cela prendra rapidement sens. Il deviendra de plus en plus simple de vous créer de nouveaux mécanismes, cette fois-ci en toute liberté.

Agir au présent

Je ne vais pas vous mentir… La route sera sans doute cahoteuse et vous demandera une grande dose de courage et de volonté. Mais c’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire… et c’est surtout la seule manière de sortir de la violence et de permettre à votre enfant de vivre dans la confiance, l’amour et la sécurité. Je sais que vous aimez vos enfants, et que vous voulez le meilleur pour eux. N’attendez pas une seconde de plus pour bien faire.

Il n’y a pas de parents parfaits, il n’y a que des parents qui font de leur mieux !
Pour commencer, je vous demande de faire un premier exercice. Peut-être le plus difficile, mais sans aucun doute le plus efficace. Il vous permettra de vous remettre sur de bons rails, et d’entamer solidement votre guérison.
Tout en vous promettant de revenir sur votre passé avec l’aide d’un professionnel, que ce soit pour rejoindre mon programme sur la gestion de votre colère ou autre chose, peu importe. Je vous demande simplement de commencer dès maintenant à soigner le présent. Pour cela, il n’y a qu’une chose à faire : demandez, en toute sincérité, pardon à votre enfant. Pardon de l’avoir frappé, ou violenté de n’importe quelle manière. Promettez-lui de sortir de cette spirale négative. Expliquez-lui avec ses mots tout ce que je viens de vous expliquer. Dites-lui que vous aimeriez faire autrement, que vous vous en voulez, que c’est difficile pour vous, que c’est ce que l’on vous a appris. Mais dites-lui surtout qu’il n’est pas responsable de votre état. Que ce n’est jamais lui qui provoque votre colère, mais votre réponse à une frustration et à des émotions que vous ne savez pas gérer ! Dites-lui que vous l’aimez et que vous vous en voulez. Dites-lui qu’il ne mérite pas ce que vous avez dit ou fait et que vous lui promettez de tout faire pour changer. Cela lui permettra de comprendre ce qu’il a subi, et d’entamer sa propre guérison afin de ne pas reproduire à son tour ce schéma qui vous a tant fait souffrir. Car ce qui laisse des traces douloureuses, ce ne sont pas les coups reçus ou les mots entendus mais bel et bien la perception d’être un mauvais enfant. Ce sentiment que les enfants nourrissent lorsqu’ils se sentent responsables des actes de leurs parents et qui avec le temps s’accompagnera d’un sentiment de ne pas mériter le bonheur, la tendresse et même l’amour.

Par ce simple geste, vous l’aurez fait. Vous aurez mis fin à des décennies, à des siècles de violences parentales. Vous aurez su dire « non » à la violence. Grâce à vous, l’idéal d’éducation positive et bienveillante sera devenu un peu plus concret et universel. La confusion fera désormais place à la lucidité… Vous n’avez jamais été un monstre. Vous n’en serez jamais un, et pour ça, je vous remercie du fond du cœur au nom de tous les parents et de tous les enfants du monde.  Et rappelez-vous toujours qu’il n’y a pas de parents parfaits, il n’y a que des parents qui font de leur mieux !

0 réponses

Laisser un commentaire

Participez-vous à la discussion?
N'hésitez pas à contribuer!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *