Comment sortir de la dépression

Lors de précédents articles, j’ai abordé avec vous les pistes pour sortir de la négativité et de la tristesse. Ces pistes nous guidaient non pas vers des combats à mener de front pour mettre à mal ces sentiments perçus comme négatifs, mais bien plutôt vers le chemin de l’acceptation. Seule cette démarche se révèle en effet à même de dépasser les luttes intestines à l’œuvre en chacun de nous.

Il arrive malheureusement qu’un évènement (ou une somme d’évènements) subi nous glisse insidieusement dans un mal-être où l’horizon de tristesse semble indépassable : la dépression. Quelle que soit la dépression, ses causes, sa profondeur, sa noirceur, aucune ne condamne pourtant irrémédiablement un être. Toute dépression peut être relégable au passé. Comment sortir de la dépression ? Tout commence par relever la tête de son malheur et réapprendre à regarder autour de soi, vers les autres, vers le monde.

Le rôle de la pensée positive dans la prévention de la dépression

Les clefs de votre passé

Beaucoup d’acteurs du développement personnel portent en étendard la pensée positive comme si elle était une finalité à atteindre, une permanence de joie qui chasserait d’elle-même, comme un système immunitaire, toute incursion négative. La « pensée positive » en laquelle je crois est plutôt à concevoir comme un processus d’acceptation. En acceptant toutes nos émotions, imbriquées entre elles et se nuançant réciproquement, émerge en nous une quiétude qui ne tarde pas à prendre les contours d’une positivité sereine et durable.

Cette approche limite les risques de plonger dans un abime profond, rend la plus douleur plus supportable puisque rattachée à un tout plus vaste. Lutter de front contre celle-ci en cherchant à la vaincre, c’est s’exposer à ce que la digue de votre volonté cède et se laisse submerger par un océan de tristesse.

Qu’est-ce que la dépression ?

La dépression est un état émotionnel où la tristesse est reine, ne laissant que peu ou plus du tout de place aux autres émotions. Souvent sous l’impulsion d’un évènement ou d’une somme d’évènements malheureux, on se retrouve alors épris d’un mal-être marqué par sa permanence et son intensité. Ce mal-être agit progressivement comme une force d’attraction au plus profond de nous, nous contraignant à nous replier sur nous-mêmes, arrachant nos liens au monde extérieur jusqu’à nous laisser seul en présence, ou plutôt en omniprésence, de notre malheur.

La dépression est un état émotionnel où la tristesse est reine
Vaincre la dépression passe d’abord bien sûr par le fait d’accepter de se faire aider pour soigner cette pathologie, puisqu’il ne faut pas considérer la dépression autrement. Il s’agit ensuite de pouvoir se relever en prenant appui sur ce qui nous entoure : les autres, les opportunités qui nous sont offertes et les sources de bien-être que l’on avait oubliées. (Voir ma vidéo : Comment sortir de la tristesse)

Se forcer à réactiver nos leviers sociaux

Puisque la dépression est marquée par la sensation oppressante d’un repli sur soi, son émancipation s’amorce par un premier pas vers les autres. Peut-être même plus qu’un pas, un saut! Cette première impulsion est évidemment difficile, elle peut même sembler insurmontable lorsqu’une longue période de dépression a créé dans notre esprit un gouffre béant nous séparant de notre prochain. Mais tout est là, ce gouffre n’existe précisément que dans notre esprit. La simple volonté d’échanger à nouveau à cœur ouvert avec des proches (mais également avec de nouvelles rencontres), résorbe cet abysse le temps d’un sourire, d’une accolade, d’un moment de partage, de quelques mots qui délient le cœur.

Recréer du lien social n’a rien d’anecdotique, c’est là la pierre angulaire d’une phase de renouveau. En vous forçant à retrouver l’autre, quel qu’il soit, c’est votre être social que vous faites renaître. En faisant renaître votre être social, c’est tout votre être que vous connectez à nouveau au monde et à la communauté humaine qui porte et partage ses peines. Il en ressort une force motrice inépuisable pour qui accepte de la recueillir.

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Remettre notre histoire en perspective

Comme nous l’avons vu, il y a souvent à l’origine d’une dépression une histoire triste que l’on vit, ou plutôt que l’on subit. Le principe d’une histoire est pourtant qu’elle peut changer selon la perspective ; l’angle adopté peut même en bouleverser le sens du tout au tout. Mais comment aborder autrement que par un angle dramatique l’histoire d’une maladie, de la perte d’un être cher, d’une rupture amoureuse ou de la perte d’un emploi ?

Il n’est bien sûr pas question de nier les faits ou de transformer la réalité. Ce que je veux partager avec vous ici, c’est la possibilité, une fois la douleur du deuil accueillie et éprouvée, de regarder de l’autre côté du miroir, de l’autre côté de cette histoire dramatique qui nous renvoie inlassablement à notre malheur. Que se cache-t-il de l’autre côté ? Les germes d’une histoire constructive et peut-être même heureuse.

La triste fin de cette histoire marque la possibilité d’en écrire une nouvelle, plus heureuse
Vous avez souffert d’une maladie ou avez perdu un proche des suites d’une maladie ? Ce que vous avez vécu en côtoyant cette maladie peut vous donner la force de combattre celle-ci dans la société, en œuvrant pour sa prévention ou en sensibilisant pour la recherche à son sujet.

Vous avez perdu un être cher ? Sa disparition est peut-être l’occasion de se questionner sur les valeurs fondamentales que celui-ci portait, tout ce que vous aimiez en lui, et de placer ce legs au cœur de votre vie pour écrire une nouvelle histoire dont votre proche défunt fera partie.

Vous venez de perdre votre emploi ? La triste fin de cette histoire marque la possibilité d’en écrire une nouvelle, plus heureuse, où le champ des possibles désormais grand ouvert regorge d’opportunités.

Redécouvrir les sources de réconfort de notre vie

Renouer avec vos liens sociaux et apprendre à appréhender différemment votre propre histoire vous permettra de vous relever et de vous autoriser à construire à nouveau. Toute construction nécessitant des fondations, il faut prendre conscience de celles que l’on a la chance d’avoir sous la main et que l’on a tendance à oublier dans le malheur.

Beaucoup de choses, parce que prises pour acquises, sortent du champ de nos préoccupations et ce n’est que lorsque celles-ci se trouvent en danger que l’on réalise leur valeur. Se relever d’une dépression est l’occasion de réactualiser celles-ci dans notre conscience et de tirer une énergie positive de ces socles précieux que l’on ne voyait plus. Quel que soit votre cas, des sources de réjouissance et de bien-être sont à votre portée. Ce peut être la présence d’une famille, d’un ami, le réconfort de la foi, le fait d’être en bonne santé ou simplement le fait de manger à sa faim et d’avoir un toit…

Reprendre le goût des choses simples, les découvrir à nouveau et construire à partir d’elles.

Personne n’est à l’abri de sombrer dans la dépression, mais tout le monde peut en sortir.

Pour y parvenir, il faut faire preuve de force, mais pas de cette force morale fantasmée qui permettrait d’abattre frontalement toute souffrance. Je parle ici d’une force que nous avons tous en nous : la force de s’ouvrir. La dépression rompt les liens de l’Homme dont la nature même est d’être connecté : avec les autres, avec lui-même, avec le monde. Vaincre la dépression résulte donc d’un travail de réconciliation avec les autres, avec soi-même, avec la vie.

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