Education bienveillante et positive: les limites

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Peut-être avez-vous déjà entendu parler de l’éducation positive, c’est-à-dire une autre forme d’éducation, plus bienveillante et respectueuse, mais ce n’est pas toujours facile de mettre ces théories en application lorsqu’on est sur « le terrain » avec nos enfants et cela vous démoralise ! C’est pourquoi je vous propose de voir, aujourd’hui, quelles sont les limites de cette Parentalité positive, je vais vous donner mon avis sur le sujet, car je n’adhère totalement à cette théorie.

Je suis d’accord sur le fait de pratiquer une éducation différente, de mettre plus de conscience dans la façon dont nous interagissons avec nos enfants, d’être dans une communication et une relation plus positive, toutefois, pour ma part, je trouve qu’il y a des limites à ce genre de parentalité et c’est ce que nous allons voir.

Ce qu’il est important de savoir, c’est que personne n’est préparé à son rôle de parent. Même si vous avez lu des livres sur le sujet, que vous avez eu des exemples autour de vous, vos parents bien sûr, eh bien, tant que vous n’êtes pas devenus parents vous-mêmes, tant que ce n’est pas devenu votre quotidien, et cela pour très longtemps, vous ne pouvez pas vous rendre compte de l’immensité et de la responsabilité de la tâche ! 

Bien souvent, moi la première, avant d’avoir des enfants, on fantasme son rôle de parent, et l’on idéalise nos futurs enfants. Lorsque l’on voyait des parents éduquer leurs enfants, on se disait que l’on n’agirait jamais de cette manière-là avec eux, chez moi, cela ne se passerait pas comme ça or, force est de constater que ce n’est plus le cas lorsque nous avons des enfants ! Je pense que tous les parents se disent que la petite tototte, ils ne la donneront jamais à leurs enfants, et pourtant, la plupart des enfants ont des totottes dans la bouche, ce qui prouve bien ce n’est pas si simple, et c’est, entre autres, ce que l’on découvre en devenant parents ! 

Même si l’on a eu un premier enfant, quand on en a un deuxième, cela remet les compteurs à zéro, et il faut tout revoir, parce que chaque enfant est différent et que nous avons évolué entre temps. Même si l’on sait ce que c’est, on est de nouveau bousculé par le rythme d’un nouveau-né, on a un peu oublié et l’on ne sait pas ce que c’est que d’en avoir deux à des âges différents, avec la relation qu’ils ont entre eux et pour nous, gérer le quotidien de deux individus qui ont des personnalités différentes et pas toujours les mêmes rythmes, pas les mêmes goûts, ce qui nous demande de nous adapter en permanence, et ça, c’est profondément perturbant et stressant.

Ma première limite à la parentalité positive, c’est d’être culpabilisante pour des parents qui veulent bien faire, et l’on fait tous ce que l’on peut dans ce domaine, car nous voulons tous le bonheur de nos enfants ! Nous avons tous à cœur d’être de bons parents. Cette parentalité positive qui nous explique comment il faut faire, et c’est ce que je fais moi aussi en vous donnant des pistes, mais toujours en vous déculpabilisant, je l’espère en tout cas. Parce que nous faisons tous de notre mieux, avec les moyens dont on dispose, au moment où cela se produit.

Nous ne sommes que des êtres humains, nous avons eu, nous-mêmes des parents qui, eux aussi, ont cru bien faire, mais ont commis des erreurs tout comme nous. Même avec les meilleures intentions du monde, il nous arrive de nous emporter, de punir, de menacer, de dire des vacheries à nos enfants, mais finalement, ce n’est pas si grave ! Il est important de dédramatiser même si c’est essentiel de chercher à devenir meilleur, mais vouloir être un parent parfait, là, est la limite de la parentalité positive et de ce que l’on s’inflige en tant que parents !

Ma deuxième limite : La Parentalité positive n’ouvre aucune voie à l’imperfection ! Or, je peux vous dire qu’être imparfait, c’est important en ce qui concerne ce que l’on renvoie à nos enfants ; nous sommes là pour leur tracer la voie et leur servir d’exemple afin qu’ils deviennent de bons êtres humains généreux, il faut nous montrer généreux avec eux. Pour qu’ils deviennent de bons êtres humains aimants et respectueux, soucieux des autres, nous nous devons de leur montrer que nous sommes respectueux des autres et bienveillants.

Nous sommes des modèles pour nos enfants, ils nous observent en permanence, cherchant nos contradictions, nos incohérences, et ils vont, avec les neurones miroirs, modéliser les schémas que nous allons leur transmettre. Si nous nous attachons à leur montrer un aspect de perfection de nous-mêmes, un aspect lisse sans montrer nos émotions, si jamais l’on ne s’énerve sans un mot plus haut que l’autre, quelle image leur renvoie-t-on alors qu’eux ils ont des émotions, qu’ils les montrent, qu’ils s’énervent et crient, ils vont se sentir de mauvais enfants, et l’on va leur donner une image de perfection inatteignable, avec laquelle ils vont se construire et penser qu’ils sont nuls !

Être des parents imparfaits libère nos enfants d’une image qui les enfermerait dans un modèle de perfection, ils nous voient avec nos limites et nos failles, que nous aussi nous sommes capables de nous énerver et de crier, que nous avons, nous aussi, des émotions difficiles à gérer, que nous pouvons avoir des sautes d’humeur et être grognons tout comme eux, bref, que nous sommes, nous aussi, des êtres humains, que c’est ça aussi être humain, et que c’est normal. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne doive pas s’excuser lorsqu’on les a blessés, mais que cela peut arriver parce que l’on n’est pas parfaits, eux non plus et qu’on a le droit d’être comme ça !

-Ma troisième limite : Ce que ne vous dit pas la Parentalité positive, c’est que vous ne pouvez pas mettre en place tous ces outils en permanence !

Nous ne sommes pas des robots, il y a des jours où nous sommes plus fatigués que d’autres parce qu’on a mal dormi, que certains jours, on a envie d’être égoïste et ne penser qu’à soi, envie de fermer la porte et se sauver ; il y a des moments où, plutôt que de rentrer à la maison, on a envie de prendre un café à la terrasse d’un bar, pour décharger sa soupape ; il est important de se donner à soi également. En ce qui concerne la Parentalité positive, tout est axé sur l’enfant et ses besoins, et rien ne parle de ceux des parents, et c’est la raison pour laquelle, dans tous mes programmes d’accompagnement, je suis centrée sur le bien-être des parents, parce que « des parents heureux font des enfants heureux, et pas l’inverse ! »

-Ma quatrième limite : C’est la plus importante : La Parentalité positive ne vous apprend pas à réparer vos erreurs ! Elle vous dit ce que vous devez faire, mais ne vous dit pas ce qu’il faut faire quand vous n’y arrivez pas ! Personnellement, je pense qu’il y a toujours moyen de réparer ; si vous vous êtes emporté, que vous avez dit une vacherie ou avez eu un geste brusque, que vous avez menacé, fait du chantage, etc… le plus grave dans tout ça, ce n’est pas ce que vous avez dit ou fait, le plus grave c’est de laisser votre enfant croire qu’il en est responsable ! Que c’est de sa faute. C’est ce que l’on fait, bien souvent, quand on est épuisé, il nous faut un bouc émissaire, et notre enfant se trouve là à ce moment-là : « Si tu n’avais pas une fois de plus renversé ton verre d’eau, je ne me serais pas énervé, si l’on est en retard, c’est à cause de toi et je me suis fait gronder en arrivant au bureau ce matin, c’est de ta faute, etc…L’enfant se croit un mauvais enfant, qu’il ne vaut rien, qu’il n’est pas assez bon pour ses parents, bref, on le laisse avec cette croyance. La meilleure chose à faire lorsque vous avez retrouvé votre calme, pris du recul, c’est d’aller voir votre enfant et lui dire que vous êtes désolé, que ce n’est pas de sa faute, que c’est vous qui étiez frustré par rapport à une situation dans laquelle il n’a rien à voir, que vous aviez besoin de décharger ça et que vous vous en êtes pris à lui alors qu’il n’y était pour rien, et vous lui demandez pardon ! 

Si vous adoptez cette attitude à chaque fois, vous annulez tous les effets négatifs que votre emportement pourrait générer. Essayez, et vous pourrez constater dans le regard de vos enfants, la compréhension, la gentillesse et l’amour qu’ils ont pour vous, et ils vont vous pardonner avec une facilité déconcertante, ils vous diront : « Ce n’est pas grave maman (ou papa) ! »

Si vous avez des amies, amis, partagez ma vision sur la Parentalité positive, cela pourra peut-être les aider et les déculpabiliser.