Comment ne pas tout répéter 50 fois avec les enfants

« Ne crie pas, papa dort ! », « Arrête de crier ! », « Ne fais pas trop de bruit, tu vas réveiller ton père ! », « Mais arrête de crier bon sang, je te l’ai déjà dit cent fois ! »… Vous connaissez la chanson ? Vous n’êtes pas seul(e) ! De nombreux parents ressentent un manque d’écoute de la part de leurs enfants au quotidien. Est-ce normal ? Est-il possible de faire se faire obéir sans avoir à se répéter 50 fois ? Comment faire ? Un mot d’ordre ici : légèreté !

S’écouter soi-même pour se faire entendre

Avant d’en venir à des conseils pratiques sur l’éducation des enfants, il me semble ici nécessaire de parler avant tout de vous.

Si, dans votre vie de tous les jours, vous avez souvent le sentiment de ne pas être écouté, par vos enfants bien sûr, mais aussi par votre conjoint, vos amis, vos collègues, vos supérieurs… Il y a fort à parier que vous ne vous écoutez pas assez vous-même !

Lorsque l’on ne s’écoute pas soi-même, il est toujours plus difficile de ne pas se sentir écouté par les autres…
Fatigue, appétit, affirmation de soi, courage de dire non… Écouter son corps et savoir se faire entendre s’apprend. Il est essentiel de travailler sur ces points lorsque l’on a souvent l’impression de ne pas être entendu, et ce pour une raison toute simple : lorsque l’on ne s’écoute pas soi-même, il est toujours plus difficile de ne pas se sentir écouté par les autres… Trop, c’est trop !

Pour avancer sur ces points, je vous invite à regarder ma vidéo consacrée à l’écoute de ses propres besoins. Et si vous en avez l’envie, dans mes articles de développement personnel, vous trouverez également de nombreux conseils en lien avec toutes ces questions. 

Arrêtez de vous répéter !

J’en ai conscience, on frôle ici la lapalissade ! Mais pourtant ce point est fondamental : pour arrêter de tout répéter 50 fois avec ses enfants, la première chose à faire est… d’arrêter de se répéter !

Non, je ne me moque pas de vous. Je m’explique : avec les enfants, on aimerait parvenir à une situation de type « action/réaction ». Dans ce monde idéal, il suffirait de dire « Mets tes chaussures » pour que l’enfant s’exécute dans la seconde… Or, cela est impossible ! C’est d’ailleurs la même chose pour vous. Imaginez que vous soyez en train de boucler quelque chose, et que votre collègue vous demande de discuter d’un projet. Il vous faudra au moins quelques secondes pour clore ce que vous êtes en train de faire. Vous devrez faire le tri dans votre esprit pour aborder cette nouvelle situation sereinement.

Pour les enfants, le processus est à peu près le même, avec quelques nuances. Comme nous, lorsque nous leur demandons quelque chose, les enfants ont le plus souvent quelque chose d’autre en tête. Leur imaginaire est foisonnant, et nous ne réalisons pas à quel point cela accapare leur esprit. Laissez-leur quelques instants pour « clore leur dossier », même s’il n’est pas obligatoirement visible, ou qu’il vous semble dérisoire. 

Validez aussi avec eux qu’ils ont bien compris votre demande et surtout une seule demande à la fois.

Si vous dites à votre enfant : « range tes chaussures, lave tes mains et viens à table », son cerveau n’est pas capable de tout mémoriser. Soit il va tout zapper, soit il ne retiendra qu’une seule chose.

Posez des questions

D’accord me direz-vous, mais que faire, si, après un petit moment, il n’y a toujours pas de réaction ? Encore une fois, se répéter serait inutile. Demandez-leur plutôt s’ils ont entendu. S’ils ont bien entendu, vous pouvez passer à la fameuse technique des questions, ou du « faux choix ». 

« Tu préfères mettre tes chaussures bleues ou noires ?« , « Tu préfères ranger ta chambre tout de suite, ou tu prends ton bain d’abord ?« . 

Et si vous parliez simplement à votre enfant comme vous aimeriez qu’on vous parle à sa place.
Cette technique est généralement très efficace. Poser des questions permet d’adoucir la situation. L’enfant ne ressent pas de tension, et n’a pas le sentiment de devoir simplement obéir à un ordre. Devoir obéir à un ordre est très désagréable pour tout le monde ! Imaginez que quelqu’un vous dise simplement « Mets ton manteau ! », ou « Range ton bureau ! » Vous n’auriez aucune envie de le faire… En lui offrant un choix, vous retirez votre masque autoritaire. Et si vous parliez simplement à votre enfant comme vous aimeriez qu’on vous parle à sa place.

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Créez des situations propices

Plus important peut-être : pour obtenir la coopération de son enfant, il faut le mettre en condition de le faire, dans la joie et la bonne humeur ! 

Plutôt que de simplement donner des ordres : « Range tes jouets », « Habille-toi », « Nettoie ta chambre »… Suggérez ce que vous voulez, et abordez le sujet de manière ludique et joyeuse. Dites par exemple « Ha, il y a des jouets partout ! Comment on va faire pour ça ?« , « Il est quelle heure maintenant ? Qu’est-ce qu’on doit faire à cette heure-là normalement ? J’ai oublié ! » 

La plupart des enfants aiment « mener leur petite enquête » et répondre à des questions un peu énigmatiques. Dès que cela devient ludique et que l’on élimine les ordres, l’attention est captée plus facilement.

De la même manière, vous pouvez également transformer une obligation en jeu. « Tu serais cap’ de mettre ton manteau et tes chaussures en moins de 5 minutes ? », « Il nous faudrait un superhéros pour ranger tous ces jouets en moins de 30 secondes !« … Vous voyez l’idée ! Adaptez simplement cette technique à l’imaginaire de votre enfant et à votre relation avec lui.

Rendre ludique ce que votre enfant voit comme des contraintes, voilà aussi une des méthodes que j’ai beaucoup utilisée avec mes filles et que je continue d’utiliser. Succès garanti ! Pour qu’elles mettent la table, je leur propose de jouer au maître d’hôtel. L’une d’elles est la serveuse (elle met la table, la débarrasse et sert tout le monde) et l’autre est la cuisinière. Comme c’est quand même moi, pour l’instant, qui prépare le repas, son rôle consiste à préparer les menus et à dresser les assiettes. Vous voulez savoir si ça marche. Elles se disputent pour être la serveuse, rôle qu’elles trouvent le plus amusant ! Pourtant, c’est juste mettre la table et la débarrasser. Or en jouant, elles en oublient la contrainte.

Qui aurait envie de faire plaisir à une personne en colère et autoritaire ?
En haussant le ton, en se mettant en colère et en donnant des ordres, on pousse plutôt les enfants à se braquer et à faire la sourde oreille. Encore une fois, mettez-vous à leur place ! Qui aurait envie de faire plaisir à une personne en colère et autoritaire ? Quoi que l’on fasse, la vie quotidienne est ponctuée de petites « obligations » et de petites « corvées »… Mais pourquoi dramatiser les choses ? Aidez votre enfant à aborder ces contraintes d’une manière positive, et tâchez de lui montrer l’exemple. Donnez-lui envie de rendre service et d’embellir le foyer en rendant cela agréable. Tout le monde sera gagnant.

Qui aurait envie de répondre favorablement à quelqu’un qui donne des ordres, et qui les répète 50 fois en haussant le ton ? Personne ! Un enfant obéit très rarement dans la seconde… mais il n’est pas pour autant de mauvaise volonté. En se mettant à sa place, en allégeant le quotidien et en transformant les « corvées » en jeu, on lui donne envie de nous faire plaisir ! Rendez votre quotidien et celui de votre enfant plus agréable en y mettant de la légèreté et du jeu !