Au secours!!! Mon enfant ne dort pas

« Alors, il fait ses nuits ? « Question fatidique qui, pour notre plus grand soulagement, ne nous est plus posée après les 18 mois de l’enfant. Et pourtant bon nombre de parents avouent passer de très mauvaises nuits et être réveillés régulièrement…

Il n’y a que mon enfant qui ne dort pas…

Nous avons suivi tous les conseils de notre entourage et même les instructions du médecin, rien n’y fait. Après avoir changé de traitement homéopathique plusieurs fois, consulté trois ostéopathes, vérifié qu’il n’y avait pas de problème de santé, installé une veilleuse, acheté trois doudous et quatre tétines, changé le lit de place, supprimé la sieste et la télévision ou encore arrêté l’allaitement… Le constat reste le même, notre enfant ne dort toujours pas ! Mais pourquoi fallait-il que ça tombe sur nous ? Pourquoi les autres ont-ils trouvé une solution et pas nous ?

En réalité, les nuits interrompues font souvent partie intégrante du métier de parent et rares sont les heureux chanceux qui ne rencontrent aucun problème de sommeil. Il arrive que certains enfants dorment des heures entières dès leurs premiers jours, mais ceux-ci restent une exception.

Les clefs de votre passé

Parfois, les enfants ont pleuré et les parents n’ont pas répondu à leurs appels. Ces enfants ont intégré qu’il ne servait à rien de faire part de leur détresse puisque personne ne répondrait à leurs sollicitations. Les neurosciences ont montré l’impact que cela pouvait avoir sur le cerveau des bébés. Laisser un enfant pleurer seuls dans une pièce pendant plusieurs heures est un véritable traumatisme. Fort heureusement, de nombreux parents ont bien compris que c’était évidemment à proscrire, mais il arrive que l’entourage s’en mêle et prodiguent des conseils obsolètes : « Laisse le pleurer, il faut qu’il comprenne que c’est l’heure de dormir et tu verras, il finira pas s’endormir. »

En effet, lorsque vous laissez un enfant pleurer dans son lit, il finira par se taire et non pas par s’endormir paisiblement. Seulement, s’il ne crie plus ce n’est pas parce qu’il dort ou qu’il a compris, c’est simplement parce qu’il s’est dit que cela ne servait plus à rien de vous appeler puisque vous ne veniez pas. Son stress n’a pas diminué, mais il ne l’exprime plus. Retenez-vous donc de suivre ce genre de recommandations !

Le mieux est d’accepter que nos enfants ne dorment pas pour l’instant tout en se rappelant qu’il s’agit d’une période difficile qui s’achèvera bientôt. Pour vivre au mieux ce passage, mieux vaut adapter notre propre rythme à celui de nos enfants en attendant qu’ils se calent sur le nôtre. Enfin, si cela vous est possible.

Ce à quoi l’on résiste persiste, ce à quoi l’on fait face s’efface.
Si vous avez un bébé et la chance de bénéficier d’un congé parental, profitez de la sieste de bébé pour dormir avant de faire quoi que ce soit d’autre. Votre besoin de sommeil est primordial par rapport à la propreté de la maison ou à toute autre tâche administrative ou ménagère. Changez votre rythme de vie, annulez certaines sorties, renoncez à votre programme TV préféré, demandez de l’aide, oser même partir faire une sieste pendant les repas de famille. Plus vous respecterez votre besoin de sommeil le jour et moins cela vous énerve lorsque bébé vous réveillera la nuit !

Nous voudrions à tout prix que nos enfants dorment pour que nous puissions vaquer à nos occupations, mais finalement y a-t-il des activités plus importantes que celle de cajoler nos enfants lorsqu’ils en ont besoin ? La parentalité nocturne est une parenthèse de vie qui est certes épuisante, mais courte à l’échelle de toute une vie.

Acceptez le fait que votre enfant ne dorme pas et attendez que cela s’arrange. Plus votre enfant vous sentira calme vis-à-vis de lui et de ses appels nocturnes et plus vite il retrouvera la sérénité et le sommeil. Ce à quoi l’on résiste persiste, ce à quoi l’on fait face, s’efface. Accepter ne veut pas dire se résigner, mais bien réagir sereinement sans colère, ni culpabilité, ni accusation.

Si vous sentez que vous êtes au bord de la crise de nerfs, expliquez-lui que vous ne pouvez pas faire plus et que vous avez un besoin vital de dormir et accueillez ses pleurs. Lâchez prise, dormez avec lui ou jouez avec lui une heure jusqu’à ce qu’il ressente le besoin de sommeil. Essayer de trouver des solutions en amont pour les nuits suivantes ou demandez du soutien. Trouvez une personne qui acceptera de garder bébé une heure l’après-midi pendant que vous faites une sieste par exemple.

Vous ne réussissez pas à vous rendormir la nuit ? Ne luttez pas, n’essayez pas de dormir et prenez de l’avance sur votre journée. Vous retrouverez un rythme normal lorsque votre enfant cessera de vous appeler. Rangez, repassez, lisez, écoutez le silence, méditez. Et si finalement ce n’était pas si mal ?

Pourquoi cela vous énerve-t-il tant ?

Un enfant n’agit jamais consciemment pour nous nuire. Les « caprices » n’existent pas. Un bébé ne peut pas se dire « puisque c’est ainsi, je vais les réveiller plusieurs fois cette nuit ». (voir l’article comment gérer les crises).

En dehors de l’épuisement qui peut effectivement vous faire perdre votre patience et une fois que vous savez que vous êtes finalement nombreux dans ce cas, pourquoi n’acceptez-vous pas que votre enfant puisse vous réveiller la nuit ou qu’il ne dorme pas seul ?

Quoi de plus légitime pour un enfant de demander à être rassuré ou encore de manifester une douleur y compris plusieurs fois dans la nuit ?

Est-ce la peur du « quand dira-t-on » qui provoque vos réactions ? « Comment avouer que je n’arrive pas à maîtriser mon enfant ? »

Est-ce que vous ne voulez pas admettre que parfois vous n‘avez pas de solution pour coucher votre bébé ? Alors que vous étiez persuadé que vous, vous y arriveriez ? Où pensez-vous être un mauvais parent qui s’y prend mal ? Acceptez de ne pas être parfait et d’éprouver des difficultés comme tout le monde.

Avez-vous tout simplement un énorme besoin de repos ? Il est temps pour vous de passer le relais et de demander de l’aide. Élever un enfant peut s’avérer épuisant, surtout pour les parents isolés. Bien que cela s’avoue difficilement dans notre société, il y a un proverbe africain qui dit « Il faut tout un village pour élever un enfant ». Or, nos familles sont bien souvent éloignées et nous pouvons parfois éprouver de la honte à demander de l’aide. Et pourtant, quoi de plus légitime et nécessaire ? Et quelle joie pour l’entourage de garder vos enfants pendant une courte durée !

Mon enfant ne dort pas tout seul !

« Nous avons bien trouvé une solution qui consiste à ce que notre tout petit dorme avec nous, mais ce n’est pas acceptable. Il doit s’habituer à s’endormir seul, les parents doivent avoir leur intimité et puis cela ne se fait pas ».

Contrairement aux idées qui circulent, le cerveau de l’enfant est constitué de telle façon qu’il éprouve des difficultés d’endormissement. Vous n’y êtes pour rien, c’est une donnée physique. Plus vous l’accompagnerez dans les premières périodes de sa vie à s’endormir sereinement, plus vite il s’endormira seul.

Pourquoi ne pas envisager d’accompagner son enfant dans le sommeil ? Que ce soit pour s’endormir ou toute la nuit ? Nous pouvons cesser de croire à toutes les croyances qui circulent en France sur le cododo et penser à ces nombreux pays où c’est la norme. Les adultes ne souffrent pas plus d’insomnie qu’en France, bien au contraire ! Pensez à tous ces câlins que vous aurez le soir et le matin en compensation de la journée où chaque minute compte et où les pauses tendresse ont peu de place.

Pourquoi ne pas établir un roulement avec votre conjoint ? Chacun assure une nuit sur deux pour pouvoir récupérer la nuit suivante… en attendant des nuits meilleures !

« Mais que vont dire les autres ? Et mon couple dans tout ça ? »

Ce n’est pas parce que nous ne dormons pas ensemble temporairement que nous ne pouvons pas nous retrouver autrement et nous aimer ? Il est parfois plus difficile et plus chronophage d’empêcher les enfants de s’incruster dans le lit conjugal, que de s’en échapper discrètement une fois la tribu endormie ! (à condition d’avoir encore de l’énergie … ;-)

Est-ce bien la présence des enfants dans le lit conjugal et le cododo qui empêchent les parents d’avoir un peu d’intimité ou tout simplement la fatigue des premiers mois, voire des premières années ? Le problème, c’est que ceci ne se dit pas et ne se lit pas dans les magazines !

Est-ce qu’un des deux parents pense que la vie de couple sans relation sexuelle pendant plusieurs mois est impossible ? Et si demain vous subissiez une opération chirurgicale qui vous empêche toute gymnastique pendant plusieurs mois ? Abandonneriez-vous votre partenaire pour autant ?

« Mon enfant n’a que 5 ans et je ne parviens pas à le coucher avant 22 h la veille des jours d’école ».

Certains enfants ont moins besoin de sommeil que d’autres. Nous n’avons pas fait des enfants pour les coucher à 19h. Lâchez prise et respectez leur rythme de sommeil. Les enfants scolarisés en maternelle effectuent bien souvent une grande sieste dans l’après-midi et n’éprouvent pas le besoin d’aller dormir à 20h d’autant plus si les parents rentrent tard et qu’ils ont envie d’en profiter.

Vers l’âge de 6/7 ans, avec l’absence de sieste, les choses se régulent naturellement et vous pourrez de nouveau espérer profiter de vos soirées en amoureux.

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Instaurer un rituel

Les enfants adorent les rituels, cela les rassure. L’endormissement d’un enfant commence plusieurs heures avant l’heure effective du coucher. Toutes les actions que l’on fait en amont du dodo vont faire partie d’un rituel rassurant pour votre enfant.

Ne changez pas l’ordre de la soirée et préparez au mieux un contexte qui favorisera le sommeil de votre enfant.

Le bain se fera après le dîner pour détendre votre enfant. Puis, vous lui lirez une histoire et enfin la pause bisous importante et nécessaire avant de le laisser seul dans son lit.

Ce qui empêche votre enfant de dormir vient très souvent de vous. Vous êtes tendu et il le sent.
Surtout pas de chahut, de jeu qui vont l’exciter et laisser partir le wagon du sommeil. Si votre enfant vous dit qu’il n’a pas sommeil, proposez-lui de lire ou de feuiller un livre. S’il vous dit qu’il a peur, trouvez avec lui ce qui lui permettrait d’être rassuré : veilleuse, porte entr’ouverte, attrape-rêve… (voir la méthode T.E.L.E – pour gérer les angoisses de vos enfants). Vous pouvez aussi lui proposer une méditation pour l’aider à se détendre (Méditation guidée pour enfant – Calme et sérénité).

Ce qui empêche votre enfant de dormir vient très souvent de vous. Vous êtes tendu et il le sent. C’est parce qu’il ressent vos vibrations qu’il est lui-même envahi de sentiments douloureux qui ne favorisent en rien son apaisement et donc son sommeil.

Détendez-vous, prenez le temps qu’il faut, car plus votre enfant vous sentira détendue et plus il se détendra lui-même.

Reportez à plus tard votre envie de soirée tranquille ou trouvez un autre moyen de passer des moments entre adultes. Demandez de l’aide, faites appel à une baby-sitter, programmez un week-end à deux pour traverser cette période.

Plus vous accueillez les problèmes de sommeil avec sérénité et plus ceux-ci disparaitront rapidement.

Souriez à la vie et la vie vous sourira.

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