Mon enfant s‘emporte lorsqu’il échoue

« Mon enfant peste et s’énerve à chaque fois qu’il rate ou ne réussit pas quelque chose » ! Vous êtes nombreux à rencontrer ce problème dans l’éducation : votre enfant pique une véritable colère, il  envoie tout valdinguer, et se roule par terre à chaque fois qu’il échoue à quelque chose. Sachez que je comprends votre désarroi ! Devant un tel comportement, il y a de quoi être déstabilisé… Pourtant, je vous le dis tout net, cette réaction est tout à fait normale. On peut facilement y remédier avec les bonnes clefs et la bonne vision des choses. Alors, que faire si son enfant s’emporte lorsqu’il échoue ? Le but est ici de l’accompagner sur le chemin de l’apprentissage, en comprenant et en l’aidant lui-même à comprendre son sentiment de frustration.

Un mot clef : frustration

Qu’il s’agisse d’un problème mathématique, d’une construction de Lego ou d’un jeu de société en famille, si votre enfant pique de véritables colères lorsqu’il échoue, elles n’ont qu’une seule et même source : la frustration.

Malgré les apparences, dans cette situation, votre enfant n’est pas en colère contre vous ni contre son jouet… Il est en colère contre lui-même ! Il s’en veut à lui-même de ne pas réussir, d’avoir cassé sa voiture, d’avoir perdu tout son argent au Monopoly, de voir ses camarades y arriver mieux que lui ou de ne pas voir la fierté dans votre regard ou celui de la maîtresse.

Il ne s’agit donc pas tant d’un problème de colère que d’un problème de frustration. Votre enfant doit tout simplement apprendre à vivre avec ses frustrations… Car elles sont inévitables. On ne gagne pas à tous les coups ! Parfois, on tombe, parfois on doit s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir quelque chose et votre enfant n’a pas encore intégré que l’échec n’est qu’une étape à la réussite.

Plus important encore : par ces colères, votre enfant vous montre à quel point il est exigeant avec lui-même. Comment cultiver la confiance en soi de cette manière ? Gardez bien cela en tête lorsque vous le voyez piquer une colère. Vous mettre en colère à votre tour serait bien la dernière des choses à faire ici de même que de tenter de le raisonner.

Le chemin de l’apprentissage

Pour aider votre enfant à surmonter sa frustration, votre rôle de parent implique de le guider dans ses différents apprentissages. Avec votre aide, votre enfant doit comprendre qu’il n’y a pas d’apprentissage sans échec. En tant qu’adulte en devenir, votre enfant doit apprendre à intégrer cette réalité, même si elle est un peu difficile à avaler.

Je vous encourage également à accompagner votre enfant sur ce chemin de l’apprentissage le plus tôt possible. Bien vite à l’école, avec les notes notamment, votre enfant sera confronté à cette situation. Mieux vaut donc lui donner toutes les armes pour affronter la frustration avant ces étapes fondatrices pour ne pas qu’il se décourage face aux difficultés.

Votre enfant doit comprendre qu’il n’y a pas d’apprentissage sans échec.
Pour l’accompagner, le mieux est, comme toujours, d’accueillir l’émotion de votre enfant et de la comprendre. Il est extrêmement décourageant de voir tous ses efforts s’achever par un échec. En tant qu’adulte, ce genre de situation nous arrive aussi (un simple gâteau brûlé peut aussi nous mettre fort en colère !). C’est cela la frustration. Votre enfant ne sait tout simplement pas relativiser son émotion.

Pour l’aider à relativiser, je vous invite à lui donner des exemples de votre propre vie. Racontez-lui vos propres échecs. Ce jour où vous avez mis trop de sel dans la soupe. Cette fois où vous vous êtes trompé de produit et que vous avez mis de la javel sur le canapé… Dites-lui combien cela vous a découragé et frustré, parce que vous avez passé du temps à éplucher les légumes, à suivre tous les conseils à la lettre. En lui donnant des exemples du genre, vous aiderez votre enfant à prendre de la hauteur et à comprendre que ce sentiment de frustration est tout à fait normal et légitime. Et qu’il est tout à fait légitime de ressentir de la colère, à condition de ne pas la transformer en violence contre soi ou les autres.

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Un échec n’est jamais grave

Votre enfant a également besoin de comprendre qu’un échec n’est jamais grave. Il est vrai que, tout particulièrement dans notre société, l’échec n’est pas valorisé, et que l’on a peur d’échouer. Se tromper semble exceptionnel, catastrophique. Mais pour que votre enfant ait confiance en lui et qu’il ose prendre des risques, il faut l’accompagner dans l’acceptation de l’échec et de la frustration. Votre enfant a droit au bonheur. Pour cela, il doit apprendre à dompter ce sentiment de frustration.

Un échec n’est jamais grave.
Pour vous aider sur ce chemin, j’ai une petite astuce à vous donner ! Une de mes filles avait beaucoup de mal à gérer sa frustration, notamment lorsque nous jouions à des jeux et qu’elle perdait. Pour l’aider à relativiser ses échecs, j’ai opéré un petit retour en arrière en lui rappelant comment elle avait appris à marcher.

Elle n’a pas sauté un beau jour de son transat pour aller gambader aux quatre coins de la maison ! Avant de marcher, elle a d’abord dû apprendre à tenir en équilibre. Cela n’était pas facile, et elle est tombée plusieurs fois. Mais elle ne s’est pas énervée, elle n’a pas abandonné… Sinon elle serait encore dans son transat ! À force de persévérance, elle a fini par tenir debout, et à mettre progressivement un pied devant l’autre, avec toujours quelques chutes, parfois même douloureuses. C’est comme cela qu’elle a appris à marcher : en surmontant les échecs et en gardant confiance en elle. Aujourd’hui, elle court, elle danse, elle saute et elle grimpe même aux arbres. Tout cela ne serait jamais arrivé sans ses chutes et ses blessures.

La carte n’est pas le territoire

Votre enfant peut faire d’un échec une fatalité et finalement une règle : je suis nul. Je n’y arriverais jamais. C’est trop difficile.

Pour éviter le découragement, l’accompagnez votre enfant dans l’exploration de cet échec pour en valoriser les succès.
Par exemple, s’il n’est pas content de son dessin, cherchez avec lui ce qui lui plait pour l’aider à ne plus focaliser sur un détail. Peut-être que la maison est ratée, mais les fenêtres sont belles et bien proportionnées. Le jardin est magnifique. Le ciel est bien réalisé…

S’il s’agit d’une dictée pour laquelle il a eu 4 sur 20. Explorez avec lui toutes les fautes qu’il a évitées. Le soin qu’il a apporté à son devoir. Le respect de la ponctuation…

Plus on focalise son attention sur ce qui ne va pas, plus on fait des détails une généralité.

En utilisant cet exemple à la fois simple et parlant, votre enfant comprendra que ce n’est pas parce qu’il a échoué qu’il ne réussira jamais. On a toujours le droit d’échouer, mais on n’a pas le droit de perdre confiance et d’abandonner.

Accompagner nos enfants sur le chemin de l’apprentissage fait partie de notre devoir de parents. Lorsque votre enfant fait une crise après un échec, il est simplement trop dur avec lui-même, et il a du mal à gérer sa frustration et à relativiser. Montrez-lui que l’échec est inévitable, et que la différence entre ceux qui réussissent et ceux qui échouent n’est bien souvent qu’une question de persévérance. Pour grandir et acquérir le maximum de capacités, il est essentiel que votre enfant comprenne que l’échec n’est pas un problème. C’est toujours une étape vers le succès.