Comment sortir du rapport de force ?

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Vous êtes dans un rapport de force avec votre enfant ?

Il dit non, vous dites non, vous voulez qu’il plie et lui, il s’y refuse ! 

Il peut arriver qu’il vous frappe, il hurle, il est insolent et vous déplorez ce rapport de force qui s’est installé dans votre relation. 

Comment sortir de cette spirale destructrice ?

Si votre enfant a besoin de ce rapport de force, ce n’est pas parce qu’il a un caractère bien trempé ou qu’il a envie de vous nuire. S’il est insolent et ne veut jamais faire ce que vous lui demandez, c’est parce que vous l’avez installé, vous-même, dans ce rapport de force.

Par exemple : quand il était petit, s’il ne voulait pas manger, peut-être lui disiez-vous : « si tu ne finis pas ton assiette, tu n’auras pas ceci ou cela, il faut finir, ou, fais plaisir à maman, mets tes chaussures, si tu ne mets pas tes chaussures, je ne jouerai pas avec toi, etc… »

Nous, parents, donnons l’exemple et la clef à nos enfants pour entrer dans un rapport de force. Mais en grandissant, il se rendent compte qu’ils ont, eux aussi, ce pouvoir de dire non, de résister ; maman ou papa font ça, moi, je fais pareil !

Si vous êtes honnête avec vous-même, ce qui demande un effort, et beaucoup d’humilité, essayez de voir que vous êtes en miroir avec votre enfant. Il vous renvoie l’image que vous lui servez depuis plusieurs années.

Il n’y a pas de fatalité, tout ce qui a été construit peut, être déconstruit, pour cela il faut du temps, car, il en a fallu pour que cela se mette en place ; au début il vous cédait, puis un peu moins et, c’est à l’adolescence où les enfants sont dans un rapport de force violent, que cela se manifeste de manière aiguë, c’est le moment où les parents sont complètement désemparés, mais ce qu’il faut ne pas perdre de vue, c’est qu’avant cela, nous avons voulu les soumettre ; on leur demandait l’obéissance. Pouvez-vous, un instant, imaginer la situation en sens inverse ? Aimeriez-vous que l’on vous soumette et vous fasse obéir ? Demander l’obéissance à quelqu’un, c’est le faire plier à notre désir, c’est donc le soumettre ! 

Ce que vous pouvez demander, éventuellement, c’est sa coopération. Toutefois, pour obtenir la coopération de quelqu’un, il est contre-productif de vouloir à tout prix quelque chose, de s’acharner et de lui faire comprendre que s’il ne fait pas ce que vous lui demandez, vous, en tant qu’adulte, vous avez les moyens de le faire plier.

C’est exactement ce qui a dû se passer depuis des années, et qui a pour résultat que votre enfant lui, utilise également ce rapport de force avec vous, aujourd’hui.

Voici 5 conseils et astuces pour en sortir :

-Premier conseil : Au lieu de juger son comportement quand il vous dit non, je ne veux pas mettre mes chaussures, je ne veux pas y aller, je ne veux pas manger, ou je ne veux pas ça c’est nul, je ne sors pas, etc…questionner son refus. Essayez de comprendre pourquoi il ne veut pas : « ok, tu ne veux pas mettre tes chaussures, tu veux donc sortir pieds nus ? 

Moins vous allez y mettre d’affects, ce qui veut dire de pression affective, émotionnelle, dans cette relation que vous établissez avec lui au moment de son refus, ou d’une opposition, plus cela va se dissoudre ! Il faut savoir qu’un rapport de force n’existe que parce que l’autre est dans le même mode. La guerre n’existe que parce que les deux partis sont dans un désir de guerre ! Prenez l’exemple de Gandhi, toute tentative de guerre contre lui a échoué, parce qu’il ne voulait pas la guerre. Cela lui en a coûté beaucoup, il a fallu qu’il prenne sur lui, toutefois, il n’est jamais entré en guerre contre les Britanniques, résultat, les Britanniques ont abandonné le projet de lui faire la guerre. La guerre n’existe donc que parce qu’il y a quelqu’un en face qui la désire.

Cela vous est sans doute arrivé, au volant de votre voiture, de faire une queue de poisson à quelqu’un, de façon intentionnelle, ou pas d’ailleurs, et de voir la personne hurler, s’énerver, prête à descendre pour en découdre et vous incendier, vous, vous vous excusez et la tension redescend immédiatement. Alors que si vous étiez rentré dans le même énervement en disant : « ça ne va pas, je n’ai rien fait de mal », cela se serait amplifié, l’autre aurait voulu avoir raison, vous également et, au final, il peut se passer des choses graves. De toute façon, c’est du stress inutile !

Avec votre enfant, il en est de même, plus vous allez jeter de l’huile sur le feu, plus vous allez rentrer dans un rapport de force avec lui, plus il va y répondre et cela risque de perdurer.

-Deuxième conseil : La première chose à faire est de le questionner : « tu ne veux pas mettre tes chaussures ? Ce n’est pas grave » ! 

Posez-vous la question de savoir si c’est important ce que vous attendez de lui ? Si c’est l’heure de partir à l’école et que vous vous allez au bureau et rater votre bus ou autre, s’il ne met pas ses chaussures ou son manteau, vous prenez le manteau, vous le mettez dans votre sac, idem pour les chaussures, et vous lui dites que vous avez compris, qu’il ne veut pas y aller, qu’il veut peut-être un autre manteau ou d’autres chaussures ? Si c’est toujours non, ok, on y va comme ça, tant pis !

Vous allez pouvoir constater qu’à partir du moment où vous allez arrêter, d’ailleurs, j’ai une expression à ce propos qui dit : « Le spectacle s’arrête quand les spectateurs s’en vont » ! 

À partir du moment où vous sortez de ce jeu, il n’y a plus de jeu ! Je ne joue plus.

En revanche, s’il est habitué à être dans un rapport de force, il va pousser plus loin, mais cela ne va pas durer longtemps, un jour ou deux, et ensuite, si vous restez droit dans vos bottes, cela se terminera.

-Troisième conseil : Revoyez vos priorités ! La pression que vous lui mettez est-elle aussi importante en ce qui concerne, par exemple : finir son assiette ? Est-on obligé de finir son assiette ? Vous, lorsque vous n’avez plus faim, que vous n’aimez pas ce que vous mangez, si quelqu’un vous forçait à finir votre assiette, cela vous conviendrait-il ? Cela ne veut pas dire qu’il faille servir un autre plat à son enfant, cela veut juste dire qu’il est important de respecter son choix à ce moment-là. « Tu ne veux plus manger ? Ce n’est pas grave, personnellement, je pense que tu auras faim, mais, si toi tu penses que tu n’en veux plus et que tu n’as plus faim, d’accord, mais il n’y a pas autre chose ». Si un dessert était prévu, vous pouvez lui donner, mais pas deux par contre, et vous ne changez pas le repas.

Si votre enfant ne veut pas se brosser les dents, est-ce si grave que ça ? Si un soir il ne se brosse pas les dents, est-ce bien grave ? D’autant plus qu’il vous teste peut-être pour savoir jusqu’où il peut aller ; les enfants aiment tester les règles et les limites de leurs parents, peut-être ne le fait-il que pour cette raison et que demain il se brossera les dents. Vous pouvez toujours lui dire : « c’est dommage que tu ne te brosses pas les dents parce que ta bouche ne va pas sentir très bon et tu risques des caries, mais si tu ne souhaites pas te les brosser, va te coucher comme ça, tu verras, je crois que tu ne vas pas aimer cette odeur et que tes camarades sentent cette mauvaise haleine, cela va être un peu gênant non ? » Mettez-le face à ses responsabilités et vous, questionnez-vous sur l’importance que cela a pour vous.

-Quatrième conseil : Ne cédez jamais concernant les règles établies ! Cela aussi génère du rapport de force, parce que, si vous avez cédé une fois, par exemple : « mon Loulou, je suis désolée, mais on ne mange pas sur le canapé, tu vas dans la cuisine pour prendre ton goûter » ! Puis un autre jour, votre Loulou, vous le laissez faire, parce que vous êtes occupée à autre chose et vous lui dites : « ok, ça va pour cette fois ». Loulou, la fois suivante, il ne comprendra pas qu’il n’a pas le droit un jour et qu’il peut un autre jour, pour lui, ça lui va très bien de manger sur le canapé, il mange donc sur le canapé ! 

Ne confondez surtout pas être à l’écoute, entendre les besoins de votre enfant, les respecter quand c’est possible, et bouger vos règles et vos limites en permanence ! Ça, c’est dangereux, cela peut créer autre chose que du rapport de force, c’est-à-dire que cela peut engendrer de la tyrannie de la part de votre enfant. Est-ce ce que vous souhaitez, je ne le pense pas !

-Cinquième conseil : Abandonnez l’idée, que ce soit avec votre enfant ou autres, de vouloir toujours avoir raison, ou d’avoir le dernier mot !

À votre avis, qu’est-il préférable : être en paix ou avoir raison ? De plus, vous allez transmettre à votre enfant cette attitude, et lui aussi, voudra toujours avoir raison ! Ce qui va engendrer un rapport de force. Dites-lui donc : « je n’ai peut-être pas raison, mais c’est la règle » ! Lorsque vous jugez que le choix de votre enfant n’est pas si grave que ça, dites-lui sincèrement qu’il a raison, que c’est un peu débile de votre part de l’obliger à faire ça ; « après tout, si tu veux y aller pieds nus, va pieds nus. Moi, je pense que tu vas te faire mal aux pieds, mais si c’est ton choix et que tu veux t’en rendre compte par toi-même, fais-en l’expérience et tu verras bien » ! 

Je pense réellement que c’est la bonne attitude à avoir, et si vous y arrivez, vous pourrez constater que le rapport avec votre enfant va se transformer. Le respect plutôt que la confrontation !