Mes enfants se battent. Que faire ?

Difficile pour un parent d’assister à des scènes de disputes et de violences entre ses enfants. Nous qui rêvions d’un quotidien rempli de douceur et de bienveillance… nous voici en train de jouer les gendarmes en les empêchant de se chahuter, de se tirer les cheveux, ou de se dire des horreurs… Que faut-il faire dans cette situation ? Comment désamorcer les conflits sans sombrer soi-même dans la colère, la violence ou l’injustice ? On peut apprendre à gérer l’agressivité de ses enfants avec bienveillance et sans trop de stress. Voici comment.

Dédramatiser !

Les conflits entre les enfants réveillent en nous de vieux démons, de vieux souvenirs renvoyant à notre propre enfance.
Bien souvent, les conflits entre les enfants réveillent en nous de vieux démons, de vieux souvenirs renvoyant à notre propre enfance. Ceci explique pourquoi il est parfois tellement difficile d’affronter ce genre de situation. Si cela est votre cas, commencer par étudier les mécanismes des blessures émotionnelles vous aidera à appréhender les choses avec davantage de lucidité.

Les clefs de votre passéCeci étant dit, même si l’émotion et la peur vous submergent en cas de conflit entre vos enfants, le plus urgent est sans aucun doute de dédramatiser la situation. Gardez en tête que les disputes entre enfants sont tout à fait normales ! Se disputer, ne pas être d’accord, avoir des conflits d’opinion et de territoire, cela arrive à tout le monde, y compris aux enfants. La première chose à faire est donc d’accepter la situation quand elle se présente. Cela vous permettra d’y remédier de la manière la plus lucide et le plus efficacement possible.

Les erreurs à éviter en cas de disputes

Dédramatiser et garder la tête froide vous permettra d’éviter les principales erreurs que l’on est tenté de commettre lorsque l’on est sous le coup de l’émotion.

 

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Il faut en premier lieu éviter autant que possible de prendre parti.
Il faut en premier lieu éviter autant que possible de prendre parti. Il y a toujours un enfant qui a eu des gestes ou des paroles plus violentes que l’autre. Il y a toujours un enfant qui a été injuste et qui a commis une plus grande « faute morale » lors d’un conflit. Même si vous avez été témoin d’une injustice, il vaut mieux en règle générale éviter de prendre parti. Cela risque en effet d’induire des comportements stéréotypés chez vos enfants, en les plaçant dans le rôle du « bourreau » et de la « victime ». Une fois ces comportements installés, ils ne font bien souvent que se renforcer, et il devient très difficile de s’en émanciper.

De la même manière, il faut éviter au maximum de porter des jugements sur ses enfants. Dire à un enfant qu’il a été méchant, cela risque de le pousser à adopter durablement le rôle de « méchant ». Dire qu’il a été faible, cela le pousse à adopter le rôle de la « victime ». Veillez toujours à dissocier l’acte de la personne. Votre enfant n’est pas méchant, il a simplement eu un acte inapproprié. Dire « Frapper, c’est méchant » et non « Tu es méchant », cela change tout !

Enfin, évitez de culpabiliser vos enfants. S’il a blessé son frère ou sa sœur émotionnellement, ou s’il lui a fait mal physiquement, votre enfant en a parfaitement conscience. Soyez-en certain, votre enfant a beaucoup d’empathie… Voir l’autre souffrir le fait souffrir également. Inutile de remuer le couteau dans la plaie en y ajoutant de la culpabilité. Votre enfant va prendre conscience lui-même de la portée de ces actes et si ce n’était pas le cas vous pouvez dire : « cela fait mal d’être frappé » et non pas « tu lui as fait mal en le frappant ! »

Ce qu’il faut faire en cas de conflit

90% des conflits se désamorceront d’eux-mêmes.
Encore une fois, je risque de vous surprendre ! Sachez qu’en règle générale, la meilleure chose à faire en cas de conflit est simplement… de ne rien faire. Je le sais, cela est plus facile à dire qu’à faire. Mais croyez-moi, si vous osez vous montrer patient et laisser les choses se dérouler sans votre intervention, 90% des conflits se désamorceront d’eux-mêmes ! Mieux encore, sachez que plus vous interviendrez, plus vos enfants vous prendront à parti dans ce type de situation… Résultat, ils ne pourront pas apprendre à gérer les conflits, et vous passerez votre temps à jouer les gendarmes.

Bien sûr, il y a des situations où il est impossible de rester les bras croisés, notamment lorsqu’un enfant a fait mal à l’autre en le tapant fort. Dans ce cas de figure, je vous conseille de prendre l’enfant qui a mal dans vos bras et de le consoler, sans porter de jugement sur l’autre enfant. Dites simplement qu’il a mal, et que cela est normal, afin que l’autre enfant prenne bien conscience de la conséquence de la violence sans culpabilisation.

Une fois que le premier enfant est consolé, il est temps de discuter en aparté avec l’enfant qui a eu un comportement violent. Vous l’aurez compris, il serait inutile, et même néfaste, de le faire culpabiliser ou de le mettre dans le rôle de méchant. En lui posant des questions, aidez-le simplement à comprendre ce qui vient de se passer, à mettre des mots sur ses émotions, et à prendre du recul sur l’accès de colère qu’il vient de vivre. Comme toutes les émotions, la colère ne vient jamais de nulle part. Elle exprime toujours un désir ou un besoin qui n’est pas entendu par l’autre ou par soi-même.

Menez l’enquête ! Demandez-lui comment cela s’est produit, ce qu’il ressentait à ce moment-là, pourquoi il s’est senti dans l’obligation de frapper… Une fois que cela est bien clair dans sa tête, cherchez avec lui des solutions. Quel comportement devrait-il avoir dans une telle situation ? Comment pourrait-il exprimer ses besoins sans faire de mal à l’autre ? Comment pourrait-il gérer sa colère sans tomber dans la violence ou les insultes ?

Enfant ou adulte, gérer un conflit ou une dispute n’est simple pour personne. Notre rôle de parent n’est pas de juger ou d’accuser, ni même de jouer au gendarme. Nous sommes là pour aider nos enfants à trouver des solutions en eux-mêmes, afin de gérer leurs émotions et leurs relations dans le respect et la bienveillance. Cela demande du travail et un réajustement constant, mais c’est l’unique manière de sortir efficacement des mécanismes néfastes et violents.

Pour aller plus loin lire : Gérer les disputes entre enfants