La blessure d’injustice

La blessure d’injustice est l’une des 5 blessures émotionnelles analysées par les psychiatres Pierrakos et Reich et dont les travaux ont été repris par Lise Bourbeau. Apparaissant généralement pendant la petite enfance, cette blessure peut affecter profondément la personnalité.
Face à un parent ou à d’autres adultes trop autoritaires et distants, la personne blessée finit par se couper de ses ressentis. Une fois adulte, elle cherche à devenir irréprochable pour se sentir enfin digne de reconnaissance. Mais ce faisant, elle s’interdit de communiquer ses pensées, ses émotions et ses envies. Elle s’éloigne d’elle-même, et rompt avec un monde intérieur pourtant riche et foisonnant, qui mériterait d’être partagé.

Des parents autoritaires

La blessure d’injustice peut toucher tous types de personnes, mais elle se retrouve généralement chez celles ayant eu des parents ou un entourage trop autoritaire, froid et distant.

Il grandit sans se sentir autorisé à exprimer en toute franchise et en toute confiance ses émotions et ses besoins.
Dans tous les cas, le mécanisme est similaire. À cause du manque d'empathie ou de la trop grande sévérité de son entourage, l’enfant ne se sent pas suffisamment compris. Il grandit sans se sentir autorisé à exprimer en toute franchise et en toute confiance ses émotions et ses besoins.

Très tôt, il ne se sent pas apprécié à sa juste valeur, et encore moins respecté dans son intégrité. On lui transmet également le sentiment que ce qu’il est et ressent n’a aucune importance. Seuls semblent compter son apparence et son comportement concret.

Un immense sentiment d’injustice envahit alors l’enfant, et ce sentiment risque de l’accompagner toute sa vie s’il n’apprend pas à refermer cette blessure.

Devenir rigide pour ne plus souffrir

Les clefs de votre passé

Face à ce sentiment d’injustice profond et douloureux, l’enfant blessé ne trouve aucune échappatoire saine. Il ne lui reste alors qu’à ressembler autant que possible au modèle qu’on lui transmet, en se coupant progressivement de ses émotions et de ses opinions. Comme il ne peut compter que sur son apparence et son comportement pour se sentir digne d’amour, il tend à devenir conforme à ce que l’on attend de lui, en s’éloignant chaque jour un peu plus de son être profond…

Pour éviter toute critique et rechercher l’approbation de l’autre, l’adulte blessé est ainsi devenu maître dans l’art de cacher ses émotions en toute circonstance. Pour cela, il met simplement le masque froid et distant de l’entourage qui l’a tant fait souffrir.

Perfectionniste et exigeant avec les autres comme avec lui-même, l’adulte blessé voudrait vivre dans un monde parfait qu’il peut contrôler.
Perfectionniste et exigeant avec les autres comme avec lui-même, l’adulte blessé voudrait vivre dans un monde parfait qu’il peut contrôler. Il est dans l’hypercontrôle, et ne s’écoute plus. Stricte et imperturbable, il semble maintenant que plus rien ne peut le toucher. Fatigue, douleurs ou autres problèmes, jamais vous ne l’entendrez se plaindre. Et pourtant…

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Une grande sensibilité qui s’ignore

En arborant ce masque rigide et insensible, la personne blessée n’a au fond qu’un seul but : ne plus jamais être victime des critiques et de l’injustice du monde.

Mais derrière le masque, derrière cette apparente froideur, on trouve toujours l’enfant qui ne cherche qu’à être entendu et respecté pour ce qu’il est. On trouve toujours l’enfant blessé, qu’un sentiment d’injustice accompagne quotidiennement.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Loin de s’être insensibilisé avec le temps, l’adulte continue de bouillonner intérieurement. Paradoxalement, plus il bouillonne, plus il a peur de ressentir à nouveau l’injustice première, et plus le masque se sclérose et devient comme une seconde nature…

Ce n’est qu’en prenant conscience de sa sensibilité, et de la souffrance qu’implique le fait de porter un masque en permanence que la personne peut sortir de la spirale négative. Il n’y a en effet qu’une issue à cette souffrance : réapprendre à écouter et à communiquer sainement ses ressentis et ses émotions.

Renouer avec son être intérieur

Pour renouer avec son être intérieur et sa sensibilité, il y a deux chemins à arpenter en parallèle. Tout en soignant cette blessure et ce sentiment d’injustice qui a marqué l’enfance, on peut réapprendre à vivre pleinement ses émotions présentes, et à les accompagner sans les juger ni les rejeter. Progressivement, on comprend que la vie est faite de hauts et de bas, et que cette aventure n’a aucun sens si l’on se prive de ses ressentis.

Les émotions sont autant de guides qui permettent de vivre une vie en accord avec ses aspirations profondes et ses valeurs propres. Se reconnecter avec ses émotions est le premier pas qui permet d’avancer vers ce que l’on veut vraiment, vers une vie qui nous ressemble. Sans cela, on garde toujours en soi le sentiment de passer à côté de son existence.

En ayant le courage d’être ce que l’on est, on prend conscience que l’enfant intérieur a toujours été là, et qu’il ne se cachait pas beaucoup !

Lui permettre de s’exprimer est un tremplin qui permet de se connecter véritablement à l’autre. L’autre n’est plus perçu un censeur, mais bien plutôt comme une altérité riche. Sa différence, loin d’être synonyme d’injustice, devient le miroir qui permet d’avancer dans la connaissance de soi.

La blessure d’injustice est une blessure qui se constitue à la petite enfance, en réaction à un entourage trop autoritaire et strict. Face à la censure, l’enfant n’a souvent qu’une solution ; il va mimer ce qu’il pense être le meilleur modèle possible : un être froid et insensible, qui n’exprime jamais ses ressentis de peur d’être rabaissé et incompris.
Mais l’enfant à beau se forger une personnalité rigide, il n’en demeure pas moins un être d’une grande sensibilité. Il faut à tout prix qu’il renoue le contact avec ses émotions et ses désirs, sous peine de traîner avec lui le sentiment constant de passer à côté de sa vie. En acceptant son être profond et ses émotions, l’adulte qu’il est devenu pourra se reconnecter sainement avec lui-même et son entourage.

Pour commencer ce travail de guérison, je vous conseille la méditation guidée de l’enfant intérieur .

14 réponses
  1. Aude
    Aude dit :

    la situation actuelle me réveille tellement de révolte et elle s’accroche tellement à moi que je me suis décidée à « m’introspecter ».
    Merci beaucoup pour cet article qui semble retracer mon enfance.

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  2. Betty
    Betty dit :

    Merci infiniment pour ce partage et surtout, en ce qui me concerne, la méditation guidée à l’enfant intérieur. Ça m’a touchée au plus profond de mon cœur, j’ai été transportée, j’ai pleuré à chaudes larmes, puis je me suis sentie apaisée… mille mercis

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  3. Guillaume
    Guillaume dit :

    Bonjour Noemie,
    J’en ai presque pleurer de (re)lire ça. J’ai lu le livre en entier, mais restait jusque la persuadé de souffrir de la blessure du rejet, mais certains elements ne collaient finalement pas. En relisant avec plus de recul, je me suis tendu compte que je cochzis quasi toutes les cases de cette blessure, surtout de son origine. Les 2 blessures, injustice et rejet, me semblent toutefois assez liées, qu’en pensez vous?

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  4. Mignot
    Mignot dit :

    Bonjour Noémie,
    Je me retrouve tout à fait dans la description, mais pour ma dernière relation, j’ai inversé la tendance, car j’étais certaine d’avoir rencontré l’homme de ma vie, je me suis ouverte en lui révélant mes sentiments, et que j’avais envie d’un engagement total, il m.a répondu ne pas être prêt pour cela, du à une rupture compliquée, il avait besoin de temps, alors que nous nous voyons déjà depuis 8 mois, pour me protéger, vu que je souffrais de son manque d’investissement, j’ai préféré ne plus le voire, en espérant qu’il réagirait, résultat… aujourd’hui, moins d’un an après, il n’est jamais revenu vers moi, et il s’investit même avec une autre, donc, je ne sais plus quel comportement adopter

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    • Noémie
      Noémie dit :

      Vous avez fait ce qu’il fallait. Une nouvelle relation est toujours un pari, on ne sait pas ce que cela va donner. Il a été honnête et vous l’avez été aussi. Si la relation est terminée c’est qu’il y a quelqu’un d’autre (de mieux) pour vous. Bon courage

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  5. Ruxandra
    Ruxandra dit :

    Merci pour cet article, tres claire explique cette blessure. Un tres bon start pour commencer l’integrer.

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  6. Splendidounette
    Splendidounette dit :

    Bonjour Noémie,

    Un grand merci pour cet article. L’explication est claire, fluide et me parle beaucoup. Cela m’a permis de comprendre la phase dans laquelle je suis : ce besoin de me reconnecter avec mon moi profond.
    J’ai d’ailleurs entamé un tour du monde grâce à la venue de Minnie Starkometi copine sclérose en plaques dans ma vie. Je crois vraiment qu’elle est là pour m’enseigner des leçons.
    Merci encore !

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  7. Lucie
    Lucie dit :

    Bonjour Noémie, merci pour toutes ces explications et réflexions très claires. Je me reconnais complètement dans les « symptômes » de la blessure d’injustice. En revanche mes parents n’ont jamais été stricts ni sévères… Voyez-vous d’autres sources à cette blessure en général ou est-ce l’unique ?

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  8. TERRIER
    TERRIER dit :

    Bonjour,

    ce que vous écrivez est très intéressant. Cependant, je pense que vous oubliez quelque chose d’important: de même que l’enfant n’a pas été accueilli dans ses ressentis/émotions par ses parents et qu’il a dû se forger une carapace pour survivre, l’adulte ne peut pas se permettre d’exprimer sa sensibilité avec n’importe qui, sans discernement. A une époque où la manipulation émotionnelle est de mise, et où la perversion narcissique est enfin nommée, se protéger me semble être, en bien des circonstances, une nécessité vitale….
    merci pour votre article…

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    • Noémie
      Noémie dit :

      Je suis bien d’accord mais l’on n’est pas plus vunérable lorsque l’on montre ses émotions, selon moi bien entendu. Merci

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    • Rachel
      Rachel dit :

      Bonjour,
      et si le pervers narcissique était là pour que vous alliez soigner cette blessure ?…
      Bien à vous.
      Rachel

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