Se sentir vraiment riche

La majorité d’entre nous possède bien plus que le nécessaire. Nos maisons sont chauffées, spacieuses et décorées. Nos assiettes sont pleines. Nous pouvons même déguster des produits exotiques qui auraient fait mourir d’envie les rois des siècles passés. La technologie actuelle nous permet de voyager à l’autre bout du monde en quelques heures, ou de communiquer avec le reste de la planète instantanément…

Pourtant, nous ne nous sentons pas riches. À peine avons-nous acheté un nouvel objet que nous lorgnons déjà sur les mille autres qui nous manquent. L’envie nous ronge quotidiennement. D’où vient donc cette insatisfaction permanente ? Est-il possible d’y remédier ? C’est possible, en voguant sur les bonnes eaux…

Le désir : moteur de l’homme

Platon l’avait bien compris, l’Homme est condamné à désirer. Il est mu par le désir, et le désir est toujours manque. Tout semble toujours plus beau, plus accompli tant qu’on le désire. Mais une fois possédé, un objet perd rapidement de ses charmes… puisqu’on ne le désire plus !

L’homme est condamné à désirer.
De là à sombrer dans un pessimisme outrancier, il n’y a qu’un pas. Schopenhauer a sauté dedans les pieds joints. La vie, expliquait-il, est comme un pendule oscillant de la souffrance du manque à l’ennui de la possession.

Tristes constatations que celles-ci, et sans doute sont-elles un peu caricaturales. Mais elles ont le mérite de dresser un portrait plutôt évocateur de la souffrance que nous sommes nombreux à subir quotidiennement.

Une société qui empêche de se sentir vraiment riche

Tout autour de nous nous pousse à désirer de nouvelles choses en permanence.
Inutile de vous rabâcher ce que l’on entend à longueur de journée : nous vivons dans une société de consommation effrénée, qui s’appuie sur la publicité et le productivisme. Si l’on suit la stricte logique consumériste, travailler consiste à vendre son temps libre dans le seul but d’avoir un revenu. Celui-ci est rapidement dépensé dans les factures, et dans des biens longtemps désirés, mais vite oubliés.

Car tout autour de nous nous pousse à désirer de nouvelles choses en permanence. Impossible, à moins de vivre dans une grotte, de passer une journée sans avoir vent d’un nouvel objet, ou d’une nouvelle activité prétendument indispensable. L’iPhone 8 à peine sorti, on nous annonce déjà la sortie de l’iPhone X, évidemment indispensable.

…Comment ne pas se sentir constamment frustré dans ces conditions ?

Qu’est-ce que la vraie richesse – Le pêcheur costaricain

Les clefs de votre passé

Un riche homme d’affaires américain était en vacances au Costa-Rica. Lors d’une promenade sur la plage, sa route croisa celle d’un pêcheur en train d’accoster sur un petit bateau. Dedans étaient étalés quelques beaux poissons.  D’humeur bavarde, il décida d’échanger quelques mots avec cet homme, qui sifflotait en rangeant calmement son matériel.

– Belle petite pêche ! Ça a dû te prendre la matinée !
– Pensez-vous… il m’a fallu à peine une heure. Ça déborde de poissons ici !
– Mais pourquoi tu n’en as pas attrapé davantage dans ce cas?
– Parce que je n’en ai pas besoin, pardi ! Cette pêche suffira à nourrir ma famille pendant au moins deux jours.
– Mais tu ne te rends pas compte ? Si tu passes ta journée à pêcher, tu auras des milliers de poissons. Tu pourras les revendre à prix d’or aux gens qui n’ont pas de bateau !
– Pour quoi faire ?
– Hé bien comme ça tu pourras t’acheter un plus gros bateau et pêcher encore plus de poissons pour gagner encore plus d’argent !
– Oui… Mais pour quoi faire ?
– Hé bien si tu as plus d’argent, tu pourras embaucher des gens qui travailleront pour toi ! Tu n’auras plus qu’à récolter l’argent en gérant ton entreprise confortablement dans un bureau !
– D’accord… Mais pour quoi faire ?
– Mais enfin, c’est simple ! Une fois que tu auras pu amasser suffisamment d’argent, tu pourras vivre tranquillement ! Tu pourras avoir une maison au bord de la plage… Tu pourras prendre le temps de t’occuper de ta famille, de te détendre au bord de la mer, de profiter du soleil, de discuter avec les passants, d’apprécier ce qui compte vraiment…

En réalisant ce qu’il venait de dire, le businessman éclata de rire. Le pêcheur eut un sourire rempli de bienveillance. Cela crevait les yeux : il avait déjà tout ça, et bien plus encore… Lequel des deux était le plus riche, ici ?

À chacun sa richesse

Cette petite histoire est sans doute un peu naïve, mais elle est parlante. Inutile de chercher davantage lorsque l’on sait ce que l’on veut et ce qui est important. À vouloir toujours plus, on finit par oublier tout ce que l’on a.

Inutile de chercher davantage lorsque l’on sait ce que l’on veut et ce qui est important.
Les deux philosophes ne se trompaient pas sur un point : l’être humain aura toujours le désir pour moteur. Mais cela n’est pas du tout une malédiction ! Sans désir, nous ne pourrions pas avancer. Nous serions ternes, et dépourvus de passion. Débarrassés de la souffrance du manque, peut-être, mais plongés dans un ennui sans fond et désespéré.

Pour se sentir vraiment riche, il faut oser faire ce que le pêcheur a fait depuis longtemps : prendre conscience de ce que l’on désire réellement, de ce qui compte vraiment pour soi. Il faut prendre la décision d’orienter son désir selon sa volonté propre, et de ne plus se laisser papillonner au gré des publicités et de ses caprices.

Tel un pêcheur, il faut se fixer un cap. Tout en voguant vers lui, on peut goûter à tout ce que l’on a déjà, et cultiver chaque jour notre gratitude… Car ce qui remplit nos vies est alors en accord avec nos désirs profonds.

Vivre pleinement et se sentir vraiment riche, c’est savoir garder le cap et raviver quotidiennement la flamme qui brûle en nous.
Maison calme au bord de la mer ou activités trépidantes, cocon familial ou aventures professionnelles… peu importe au fond. À chacun ses choix. À chacun sa pêche. L’important est de prendre le temps de se connaître et de choisir en conscience ses désirs.

L’homme est tiraillé par un désir incessant. C’est ce qui lui permet d’avancer et d’explorer la vie avec passion. La société actuelle renforce notre tendance à vouloir toujours plus et toujours mieux. Mais nous ne sommes pas pour autant condamnés à la frustration !

L’important est de savoir utiliser le moteur du désir, et de l’orienter conformément à son être profond. Quels désirs, quelles envies … qu’importe au fond ! L’essentiel est de garder le cap. On peut alors apprécier ce qui compte et ce que l’on a déjà, tout en gardant un œil enthousiaste sur l’avenir.

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