Sortir de la tristesse

Dans un précédent article, j’ai abordé avec vous la spirale de la négativité. Nous avions vu comment, en cherchant à nous fuir nous même et en rejetant nos ressentis, nous ne pouvions à terme que renforcer notre négativité en refusant la réalité.

Dans ce nouvel article, j’aimerais illustrer un peu mieux cette idée en vous parlant de la tristesse. Perçue avant tout comme douloureuse et pénible, la tristesse a bien mauvaise presse… Surtout à notre époque où la psychologie positive est au centre de l’attention ! Pourtant, la tristesse est une émotion fondamentale, vitale, qui a beaucoup à nous apprendre sur ce que nous sommes et ce que nous devrions être. Croyez-le ou non, il est temps d’embrasser votre tristesse.

Qu’est-ce que la tristesse ?

La tristesse est, avec la joie, la colère, la surprise, la peur, le mépris et le dégoût, l’une des sept émotions basiques décrites par le psychologue américain Paul Ekman. Celle-ci apparait très jeune, généralement lorsque le nourrisson est séparé de sa mère. Larmes, léthargie et isolement sont les corollaires de cette émotion.

Pragmatiquement, la tristesse n’est qu’une réaction primaire de notre corps face à une situation perçue comme « négative » par le cerveau archaïque reptilien. L’enfant triste d’être séparé de sa mère ne fait que ressentir la réponse d’un corps qui se sent abandonné, et donc en situation de fragilité et de danger !

Les clefs de votre passéCatherine Aimelet-Périssol, psychothérapeute spécialisée dans l’étude des émotions va plus loin dans l’analyse. Selon elle, tristesse et repli sur soi répondent simplement à un désir de sens, d’harmonie et d’initiative personnelle. Fatigue, détachement, besoin de solitude et de retour sur soi sont autant de manières qu’a notre corps de nous montrer notre besoin légitime de sens et d’harmonie.

Nos réactions habituelles face à la tristesse

Dans la plupart des familles, mais aussi à l’école, la tristesse est purement et simplement proscrite et refoulée.
Dès la petite enfance, on nous conditionne à rejeter notre tristesse, à l’étouffer et à la faire disparaître. Dans la plupart des familles, mais aussi à l’école, la tristesse est purement et simplement proscrite et refoulée.

Face à quelqu’un de triste, notre réaction première est de rejeter l’émotion, de chercher à la faire disparaître le plus rapidement possible. Plutôt que d’aider l’autre à s’écouter, nous tentons de le raisonner, ou de lui faire retrouver le sourire coûte que coûte.

Lorsque nous sommes seuls et que nous nous sentons tristes, notre réaction première est souvent identique. Nous cherchons à fuir cette émotion, perçue comme malsaine, négative et douloureuse. Par le divertissement souvent, mais aussi par la consommation de calmants ou de drogues, ou encore en la travestissant en rancœur ou en colère… nous mettons tout en œuvre pour fuir la tristesse, au lieu de chercher à comprendre ce qu’elle a à nous dire.

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Que faire lorsque l’on est triste ?

Comme l’a très justement fait remarquer Catherine Aimelet-Périssol, une émotion, c’est avant tout le corps qui parle. Tenter de raisonner ou de fuir une émotion pour la faire partir ne peut, au mieux que retarder l’échéance de sa réapparition… Et au pire nous faire somatiser et nous stresser.

Lorsque l’on est triste, il n’y a finalement qu’une chose à faire : commencer par l’accepter.
Lorsque l’on est triste, il n’y a finalement qu’une chose à faire : commencer par l’accepter. Pour bien accepter sa tristesse, il faut d’abord prendre conscience de ce que l’on ressent en faisant un retour au corps. Chaleur, fraîcheur, respiration coupée ou qui s’accélère… prendre conscience de ce qui se passe en soi permet non seulement de dédramatiser la situation, mais aussi de se mettre en situation d’écoute de ce que notre corps et notre esprit ont à nous dire.

Écouter pleinement, entièrement sa tristesse, voir dans quelles circonstances elle apparaît permet de mieux se connaître, et de cerner ce dont on a besoin et ce qui nous fait du mal.

Attention tout de même : l’émotion a son langage propre, qui n’est jamais pondéré ! La personne triste, en colère, peureuse, mais aussi joyeuse voit généralement le monde en noir et blanc, tout ou rien, tout bon et tout mauvais… Il faut donc accepter de ressentir les choses entièrement en gardant ce fait en tête, et ensuite seulement tirer des conséquences plus fines de son ressenti.

Au sortir de la tristesse

Une fois que l’on a réappris à écouter et à vivre pleinement sa tristesse, il devient beaucoup plus facile, paradoxalement, d’en sortir ! Et ce pour plusieurs raisons :

Premièrement, lorsque l’on ne censure plus et que l’on observe avec attention ses émotions sans les fuir ni les dramatiser, on constate qu’elles ne durent jamais très longtemps. Telles des branches emportées par la rivière, ou des nuages emportés par le vent, les émotions ne font que passer en nous, sans jamais s’éterniser.

Plus important encore : lorsque l’on prend le temps d’écouter ce que notre corps et notre cerveau archaïques ont à nous dire, et quand on a appris à parler leur langage, on est enfin en mesure d’y répondre d’une manière sereine et constructive. La fuite fait place à la responsabilité face à soi-même.

En toute logique, la tristesse se fait de plus en plus rare, car on a appris à se forger une vie en accord avec ce que l’on est réellement. Et lorsque la tristesse apparaît, cela n’est plus si grave ! Chaque nouvelle tristesse est une occasion de faire un retour sur soi et d’adapter encore un peu mieux ses comportements.

Nous avons été condamnés, depuis notre plus tendre enfance, à fuir et à rejeter notre tristesse. Pourtant, c’est une émotion naturelle et saine, qui a toujours été présente chez l’Homme et qui le sera toujours. Fuir la tristesse, c’est fuir une part immense de soi, et se couper des moyens de mener une vie en accord avec soi-même.
Pour sortir de la tristesse, embrassons là.

4 réponses
  1. Jsik
    Jsik dit :

    Merci pour ce merveilleux article qui permet de faire une prise de conscience et permet de s offrir de l amour
    Namaste

    Répondre

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