Faut-il complimenter son enfant ?

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Alors, faut-il complimenter un enfant ? Il est vrai que la tentation est grande de dire que c’est génial et en tant que parent on voit ça de manière très positive de faire des  compliments à ses enfants, surtout si l’on en a cruellement manqué, que l’on a manqué de valorisations et de reconnaissance de la part de nos parents, on va être d’autant plus enclins en tant que parents de vouloir donner le meilleur à nos enfants. D’ailleurs, c’est ce que l’on fait, on cherche tout le temps à être un bon parent, on est soucieux de leur bien-être et l’on voudrait toujours bien faire. Quand ils font un dessin, même quand c’est des gribouillis, on s’extasie comme si c’était une œuvre de Léonard de Vinci ; quand ils ramènent une bonne note, on leur montre notre satisfaction et notre fierté ; quand ils réussissent à terminer un jeu, un puzzle ou autre, on est émerveillés, on ne tarit pas d’éloges et de superlatifs tous plus formidables, c’est sensationnel, « c’est génial mon chéri tu es formidable » etc…etc… Eh bien, ce n’est pas la bonne pratique et je vais vous expliquer pourquoi.

En fait, quand vous complimentez un enfant, il reste très attaché à votre regard à vous et de ce fait, il se construit avec la satisfaction du monde extérieur ; c’est-à-dire qu’il ne fait pas les choses pour lui, il n’est pas content de lui-même, il n’apprend pas en tout cas à être content de lui-même, il le fait pour obtenir de la valorisation ; c’est vrai que c’est super sympa de s’entendre dire des choses du style : c’est génial, c’est formidable, c’est magnifique, c’est super, je suis tellement fier de toi etc…etc…Du coup, l’enfant va être très attaché en grandissant, et de plus en plus, au regard des autres, d’ailleurs, il n’y a qu’à regarder le monde, et c’est peut-être votre cas aussi, on a été élevé comme ça, à l’école on nous valorise avec des notes, avec le regard de l’instituteur ou du professeur sur nous ; nos parents faisaient comme ça et du coup on est très attaché au regard des autres, de ce qu’ils pensent et, forcément, on se construit par rapport à ce regard-là qui n’est quand même pas très intéressant, car en fait, le regard des autres est très relatif, tout le monde n’a pas la même satisfaction par rapport aux mêmes choses ; il y en a qui trouveront que c’est bien, que la façon dont on s’habille est sympa, que notre maison est bien décorée, qu’on est une bonne personne et puis d’autres trouveront toujours quelque chose à critiquer et l’on ne s’en sortira jamais !

Au lieu de complimenter, que faut-il faire, ne rien dire ? Si, mais il faut encourager son enfant pour que justement il apprenne à être content de lui-même. Personnellement, quand mes filles viennent avec une bonne note, ou qu’elles ont réussi à faire un super dessin sans dépasser les traits, et qu’elles m’amènent ça en me disant : « maman, maman, regarde » ! Je leur dis : « et toi, qu’en penses-tu » ?  Quand ma fille me dit aujourd’hui, j’ai eu 7/20, je lui demande ce qu’elle en pense, ah oui, c’est super, alors, on peut argumenter et lui dire : « tu vois, je constate que le travail que tu as fait, les efforts que tu as fournis, cela a payé ». Je ramène, en fait, à elle la satisfaction et je ne porte pas de jugements de valeur sur ce qu’elle a rapporté ou sur la chose pour laquelle elle est satisfaite. Au contraire, je la laisse être satisfaite d’elle-même, je la laisse cultiver le fait qu’elle est fière d’elle. Et je vous assure que c’est beaucoup plus puissant de se sentir fier de soi que de se sentir fier dans le regard de quelqu’un d’autre. Sinon, on devient dépendant, et cette dépendance on la retrouve à l’âge adulte dans une dépendance affective ou une dépendance à l’autre, parce que l’on est attaché ; on a appris à se nourrir de la satisfaction d’autrui. En plus, cela participe de la construction de l’estime de soi de l’enfant or, si l’enfant se construit systématiquement par rapport au regard de l’autre, c’est une estime de soi qui n’est plus aussi solide, puisqu’elle va dépendre encore une fois de quelqu’un d’autre. Dès que je vais avoir quelqu’un qui ne sera pas content de moi ou qui n’aimera pas le bleu, ou qui critiquera qui je suis ou ce que je fais, cela va faire retomber cette estime de moi. Ça, c’est vraiment triste finalement. Il y a beaucoup d’adultes aujourd’hui, qui fonctionnent comme ça, très dépendants, et j’en rencontre tout le temps dans mon métier ; il y en a qui sont très dépendants, très soucieux du regard de l’autre, et ça vient de là ! Cela vient d’enfants qui ont eu des parents qui ne valorisaient pas assez cet aspect-là et ne leur ont pas appris à être satisfaits d’eux-mêmes et les enfants se sont construits dans le regard des parents.

En revanche, les encouragements vont permettre aux enfants de valoriser le sens de l’effort, la motivation, la persévérance. Ça, ce sont des clefs super importantes et fondamentales dans la construction et dans la réalisation de ses projets et de ses objectifs.

Donc, en encourageant vos enfants, en les poussant à être contents d’eux plutôt que vous, être contents d’eux ; en fait, on est d’accord hein, vous êtes fier de votre enfant quoi qu’il fasse, c’est ça que votre enfant doit sentir, c’est que quoi qu’il fasse, vous êtes fier, qu’il ait zéro à l’école ou 20, vous êtes toujours fier de lui. En revanche, quand il arrive avec un zéro, c’est peut-être bien de lui dire : « qu’est-ce que tu en penses,  as-tu suffisamment travaillé, as-tu fait les efforts qu’il fallait » ? La réponse est forcément  non ! Cela ne remet pas en cause qui il est, cela remet en cause ce qu’il a fait ou pas. L’enfant s’il veut avoir une meilleure note va se dire : « oui, je n’ai pas fait assez d’efforts, je ne me suis pas assez impliqué, si je veux être content de moi la prochaine fois, et c’est aussi de l’amener à dire ce qu’il en pense. Votre enfant va peut-être vous dire qu’il est malheureux ou qu’il n’est pas content de lui. Vous pouvez lui dire alors : « je comprends que tu ne sois pas content de toi, mais de quoi n’es-tu pas content ? C’est de ne pas avoir fourni assez d’efforts, qu’est-ce que tu feras la prochaine fois »? On emmène l’enfant à trouver lui-même en lui ses propres ressources, ses motivations et ce sens de l’effort qui fait que si l’on veut obtenir quelque chose, il faut  se donner les moyens de l’avoir, mais quelle satisfaction une fois que c’est réalisé !

 

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