Quand notre partenaire n’applique pas l’éducation positive

« C’est bien ce nouveau concept de « parentalité positive », mais, non seulement ça ne résout pas tous mes problèmes et en plus, ça m’en ajoute, car cela crée des tensions avec mon mari. Nous sommes désormais opposés sur tous les points concernant les enfants, et du coup, les enfants sont de plus en plus difficiles avec lui. J’ai pris conscience de l’intérêt de ne pas les blesser ni de les étiqueter et du coup, je ne peux pas m’empêcher d’intervenir lorsque je surprends mon conjoint en train de le faire et c’est le drame… Non seulement le problème n’est pas résolu et en plus, cela crée un conflit entre mon mari et moi. Je me retrouve avec plus de conflits à gérer puisque mon compagnon n’ose plus rien dire de peur de mal faire. Alors je culpabilise, je me questionne sur mon attitude, mon discours… Ai-je bien pris le bon chemin ? Et si tout ça n’était que du vent ? …une nouvelle mode qui montrera ses limites dans quelques années ? Et si mon entourage avait raison ? Après tout, j’ai bien survécu à l’éducation classique, peut-être qu’il vaut mieux que je sauve au moins mon couple ? »

Quand l’éducation positive n’est appliquée que par un seul parent

Nous savons qu’il est mieux qu’un parent n’intervienne pas contre le deuxième parent en présence des enfants … seulement voilà, quand cela remet en cause tous nos acquis et tous nos efforts depuis plusieurs mois, cela devient très compliqué… Nous avons soit envie de hurler, soit de jeter l’éponge et nous nous sentons seuls…

Lorsque nous sommes tout à l’écoute de nos enfants « tu n’as pas faim, tu as l’air triste ce soir ? et que nous entendons notre compagnon dire : « c’est juste une comédie pour ne pas manger ses haricots, à chaque fois c’est pareil ! ».

Les clefs de votre passéPourtant, nous savons nous que lorsque nous utilisions des jugements la situation sera deux fois plus difficile à gérer, mais ce n’est pas le cas de notre partenaire et nous nous sentons démunis. La majorité des gens aujourd’hui confondent l’éducation positive et éducation permissive. Votre partenaire a sans doute peur de faire de vos enfants des enfants rois. Lire l’article « Comment éviter que mon enfant devienne un enfant roi. »

Et quand notre partenaire persiste à croire que nous n’appliquons pas les bonnes méthodes que devons-nous faire ?

Rassurer l’enfant qui vient d’entendre qu’il « faisait des comédies ». Lui dire que ce n’est pas vrai et indiquer à notre conjoint qu’il a tort ou bien se taire et laisser l’enfant intégré qu’il est « mauvais » pour ne pas froisser notre conjoint et lui faire perdre toute crédibilité  ?

C’est encore plus douloureux lorsque nous sommes convaincus que nous faisons fausse route en appliquant les vieilles méthodes d’éducation, alors que tous autour de nous pensent  « qu’elles ont fait leur preuve » alors que nous, nous pensons que ; oui, elles ont permis à toute une génération d’enfants à devenir obéissant, donc soumis et que ce n’est pas ce que nous souhaitons pour nos petits.

Difficile d’être précurseurs, car oui, l’éducation positive ne concerne encore qu’une petite minorité de parents, prêts à essayer les méthodes d’éducation bienveillante qui conseillent de faire confiance aux enfants tout en leur montrant les limites à respecter sans accusation ni punition. Nous savons que notre mari ou notre femme perd du temps et de l’énergie en agissant de la sorte et nous ne pouvons-nous retenir de corriger ou de donner tort à notre conjoint devant les enfants… quitte à ce que les portes claquent ensuite.

Et en même temps, nous sommes intimement persuadés que, pour le bien de tous, ce n’est pas comme cela que nous devons nous y prendre.

Car oui, la bienveillance, ce n’est pas réservé qu’aux enfants !

Mais alors, comment faire pour retrouver la sérénité à la maison sans abandonner l’éducation positive ? Comment concilier éducation bienveillante et respect du point de vue de chacun ? Comment convaincre du bien-fondé de la bienveillance et de l’efficacité éducative sans se fâcher, voire divorcer ?

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Ne pas chercher à convaincre l’autre

Une chose est certaine, plus nous tenterons de convaincre l’autre et plus nous entrerons dans un rapport de force qui ne risque pas d’apporter les résultats souhaités. La meilleure chose à faire consiste à inspirer c’est à dire,  à « semer des graines ». C’est en changeant nous-mêmes que les autres peuvent changer à leur tour et ce n’est certainement pas en les sermonnant que nous obtiendrons leur attention.

Rien ne sert de sortir trop tôt un papillon de sa chrysalide
Si nos méthodes s’avèrent efficaces, elles seront reprises et pour cela inutiles de donner des explications, de montrer les études scientifiques réalisées à ce sujet, l’obliger à lire des livres… Lorsque votre conjoint verra que vos relations avec les enfants sont plus harmonieuses et que vous obtenez leur coopération sans cris ni menaces, alors il y a fort à parier qu’il aura envie, lui aussi, d’obtenir les mêmes résultats. C’est alors qu’il sera sans doute disposé à vous écouter et à s’interroger sur le « pourquoi ça fonctionne avec elle et pas avec moi ? ». Il se dira sans doute, même s’il ne l’avoue pas tout de suite : » Ca vaut peut-être le coup que je m’intéresse de plus près à ce concept de parentalité positive ? » ou « Mais que fait-elle de différent ? »

En attendant, que pouvons-nous faire, si ce n’est d’accepter sa différence de point de vue et de fonctionnement tout en respectant son cheminement éducatif et sa prise de conscience. Rien ne sert de sortir trop tôt un papillon de sa chrysalide.

Nous ne pouvons pas forcer l’autre à cheminer ni faire le chemin à sa place. Le maître vient à l’élève seulement quand l’élève est prêt.

Tel bouquin a changé notre vie et nous ne comprenons pas pourquoi notre compagnon ne prend pas le temps de le lire. Lâchons prise, ce n’est pas parce que pour nous, le livre a été la solution que cela fonctionnera pour l’autre. Ce n’est peut-être pas le bon moment. Chacun sa méthode et son temps d’évolution.

Alors oui, ce n’est pas facile, nous aimerions tellement être sur la même longueur d’onde et offrir aux enfants une éducation similaire. Pourtant, en essayant de contraindre ou de convaincre l’autre du bien-fondé de nos méthodes d’éducation positive, les relations risquent de se tendre et d’installer un climat difficile. Est-ce vraiment bien pour les enfants ?

Laissons nos partenaires prendre conscience du problème par eux-mêmes pour leur laisser l’envie de chercher les solutions ?

En arrêtant d’exiger que l’autre change, en acceptant que l’autre ne change pas tout de suite, en l’acceptant tel qu’il est et en lui donnant confiance, nous multiplions les chances que son comportement évolue et non l’inverse.

La place des deux parents

C’est vrai que c’est difficile de voir ces enfants que vous aimez plus que tout, pour lesquels vous êtes prêt à vous dépasser afin de leur offrir un environnement bienveillant et respectueux, peuvent subir les conséquences des agissements de votre partenaire qui lui utilise les chantages, les menaces, les punitions et des cris.

Pourtant, à moins d’observer une réelle maltraitance, nos enfants sont exposés aux jugements et comportements des autres et le seront leur vie durant. À l’école, dans la rue, dans la famille, lors d’activités scolaires, ils auront à faire face à des adultes qui soit ne connaissent rien aux principes de l’éducation positive soit ne les applique pas. C’est important qu’ils se familiarisent avec des attitudes différentes. C’est même fondamental.

Veillons à ne pas blesser ou à humilier l’autre

La façon d’agir la plus efficace sera toujours de vous conduire avec votre partenaire selon les principes d’éducation positive que vous appliquez avec vos enfants. Vos compagnons ont besoin d’être accueillis avec bienveillance dans leur cheminement. Lorsque nous adoptons avec les partenaires des principes que nous condamnons avec nos enfants, quelle est notre crédibilité ?

La bienveillance et la communication respectueuse ne sont pas réservées qu’aux enfants.  Ce qui fonctionne avec eux fonctionne aussi avec nous. De sorte que les jugements et les humiliations sont tout aussi néfastes pour un enfant que pour un adulte et ne l’entraineront pas à coopérer ou à vouloir changer et encore moins à nous écouter.

Si nos paroles et nos actes font en sorte que la personne devienne intimement convaincue qu’elle ne sait pas s’y prendre ou tout simplement qu’elle est un mauvais parent, il y a toutes les chances pour que la colère l’emporte deux fois plus rapidement ou encore qu’elle fuie son rôle de parent, et qui en pâtira ? Les enfants !

Alors que si nous l’encourageons, le pardonnons dans ses faux pas et que nous lui montrons que nous l’avons compris parce que nous aussi nous sommes passés par là ou mieux encore si nous avouons ne pas toujours y arriver, ce parent sera d’autant plus confiant, serein, créatif et apte à affronter les crises des enfants et peut être même à envisager de s’intéresser aux concepts de l’éducation positive.

Se positionner dans le rôle de celui qui sait mieux et qui fait mieux et la chose la plus inefficace qui soi. Sommes-nous parfaits ? Arrivons-nous à juguler toutes nos émotions ? Ne nous arrive-t-il pas d’avoir des comportements similaires certains jours ?

En adoptant les principes de l’éducation positive pour faire évoluer la pensée de nos partenaires nous obtiendrons de meilleurs résultats que si nous nous positionnons en donneur de leçon.

En développant votre bienveillance envers l’autre, vous aurez la bonne attitude et enverrez du même coup un message positif à vos enfants.