Faut-il dire la vérité au sujet du Père Noël ?

La période des fêtes est une période magique, qui permet aux enfants et aux parents de cultiver leur imaginaire et leur bienveillance… Mais derrière la féerie, certaines questions se posent. Quelle place doit-on laisser à l’imaginaire, et surtout au mensonge dans l’éducation des enfants ? Sur ces sujets, la question du Père Noël est centrale. Doit-on faire croire ses enfants au Père Noël, quitte à les décevoir et à les blesser par la suite ? Quand, et surtout comment doit-on leur dire la vérité ? Voyons cela ensemble.

« Faire croire »… ou « laisser croire » ?

Pour tenter de répondre à ces questions le plus clairement possible, j’aimerais commencer par nuancer mon propos. Sachez tout d’abord que, très généralement, les enfants ne se posent pas tout de suite la question de l’existence du Père Noël. Cette question survient finalement assez tard, lorsqu’ils ont grandi et sont en âge de faire la part des choses entre le réel et l’imaginaire.  Avant cela, il ne s’agit pas tant de « faire croire » à ses enfants à l’existence du Père Noël que de les « laisser croire » à celle-ci.

Il ne s’agit pas tant de « faire croire » à ses enfants à l’existence du Père Noël que de les « laisser croire » à celle-ci.
La nuance peut paraître anodine, mais elle est pourtant essentielle. Il est vrai que le parent se voit quelquefois dans l’obligation de mentir, ou au moins de masquer la vérité afin de laisser le rêve grandir chez l’enfant. Mais gardez toujours en tête que c’est l’enfant qui construit son imaginaire. Il l’entretient lui-même, en mêlant des éléments du mythe avec ses désirs et sa personnalité.
Il ne s’agit donc pas de berner l’enfant ! Il s’agit plutôt de l’accompagner dans la construction de cette part de rêve, qui fait toute la beauté de l’enfance.

Quand et comment doit-on dire la vérité ?

Les clefs de votre passé

Durant ses plus jeunes années, l’imaginaire d’un enfant est extrêmement puissant… Puis, peu à peu, on constate que cet imaginaire débridé fait place à une vision du monde de plus en plus fidèle à la réalité. Comme toutes les étapes importantes de la vie de l’enfant, cela peut être à la fois stimulant et déstabilisant pour le parent.

C’est généralement entre 7 et 10 ans que l’enfant commence à remettre en question l’existence du Père Noël. Il est alors inutile, voire néfaste, de lui mentir. Votre enfant est prêt ! Il est temps de lui dire la vérité.
Je le sais bien, il peut être assez effrayant de devoir aborder cette question, surtout lorsque l’on sait à quel point cette étape est cruciale dans son développement. Je ne vais pas vous mentir, je m’en souviens comme si c’était hier : j’étais moi-même parfaitement bouleversée lorsque mes parents m’ont dit la vérité sur le Père Noël… Mais une chose est certaine, je ne leur en ai jamais voulu de m’avoir caché la vérité !

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Et si le Père Noël existait pour de bon ?

Rassurez-vous, lorsque cela est fait de la bonne manière, le passage de l’imaginaire à la réalité peut se faire en douceur, et même de façon très positive. Et pour cela, le mieux est sans doute de commencer par changer son point de vue en tant que parent !

Le Père Noël a pourtant toujours existé, tout simplement parce que VOUS étiez le Père Noël
Dites-vous surtout que, même s’il n’existe pas tel qu’il est présenté habituellement, avec ses habits rouges, sa longue barbe et son traîneau supersonique… le Père Noël a pourtant toujours existé, tout simplement parce que VOUS étiez le Père Noël! Ce n’est pas une façon de parler… Voir les choses sous cet angle change tout ! En abordant les choses de cette manière, on ne remplace pas le conte de fées par un vide triste… L’ancien rêve fait simplement place à un nouveau rêve, tout aussi beau, car rempli de bienveillance et d’amour.

Autre chose à garder en tête : même si le Père Noël en tant que tel n’a jamais existé, la magie, elle, était bien réelle ! En permettant à votre enfant d’y croire, et en lui annonçant la vérité le moment venu de la manière la plus bienveillante et rassurante possible, vous lui avez permis de vivre une aventure dont il se souviendra toute sa vie. Il serait absurde de vous en vouloir !

Cacher la vérité n’est pas trahir !

Je connais des parents qui refusent de laisser leur enfant croire au Père Noël. Je ne les en blâme pas ! Chacun a le droit d’éduquer son enfant comme il le souhaite, et je ne remettrai jamais en cause les choix de chacun.

Mais j’aimerais tout de même profiter de cette occasion pour évoquer avec vous les blessures émotionnelles, et notamment la blessure de trahison. J’ai en effet constaté que chez certaines personnes, il existait un blocage très fort, en lien avec leur expérience personnelle. Chez elle, la personnalité s’est construite en lien avec un sentiment constant de trahison, après un Œdipe très envahissant… Pour elles, l’histoire de Père Noël a pu être perçue comme une trahison parmi beaucoup d’autres.

Une fois parvenues à l’âge adulte, ces personnes blessées tendent à revêtir le masque de la personne contrôlante, afin d’éviter tout nouveau risque de trahison… Si vous vous reconnaissez dans cette description, sachez qu’il n’est jamais trop tard pour sortir de la souffrance. Avec le bon regard, il est toujours possible de soigner l’enfant blessé en soi, et de laisser la magie parler. N’hésitez pas à lire mes articles sur ce sujet ou à me contacter pour faire le point.

Laisser ou non son enfant croire au Père Noël, cela relèvera toujours du choix du parent. Jamais je ne m’arrogerai le droit de vous dire ce qu’il faut faire sur ce genre de sujet… Mais pour moi, Noël a toujours été une fête magique… et pas uniquement une histoire de cadeaux ! J’aime cette fête, car elle permet aux familles de se rassembler. Elle permet aux parents de transmettre à leurs enfants des idéaux de générosité et de bonté. Elle permet surtout de devenir pour quelques jours, réellement, entièrement, le Père Noël des gens que l’on aime et de ceux qui sont dans le besoin. Quoique nous décidions, laissons toujours parler cette magie en nous ! Joyeux Noël à tous.