Peut-on éviter les crises de colère ?

Les crises de colère, tous les parents les craignent. C’est un problème récurrent, que j’ai déjà abordé ici avec vous plusieurs fois. Aujourd’hui, j’aimerais vous aider à traiter ce problème à la racine. Peut-on anticiper les crises de colère ? Peut-on les éviter ? La réponse est oui ! Il y a plusieurs techniques efficaces pour anticiper et éviter les crises de colère. Attention cependant, toutes les techniques évoquées ici ne vont pas forcément fonctionner pour vous, ou du moins pas automatiquement. Ce qui marche pour les uns ne marchera pas forcément pour les autres… car nous sommes tous des êtres uniques. L’essentiel est que vous soyez à l’aise avec la technique à essayer. Il faut trouver, en suivant votre instinct et votre expérience, ce qui vous correspond le mieux.

Anticipez !

On peut utiliser certaines astuces pour désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose!
L’une des techniques les plus efficaces pour éviter les crises de colère consiste tout simplement à les anticiper ! Il y a des moments où l’on sait que cela va être une crise… Dans ces cas-là, on peut utiliser certaines astuces pour désamorcer la bombe avant qu’elle n’explose! Imaginons par exemple que cela fait trois jours que votre enfant refuse de mettre ses chaussures… Mieux vaut anticiper donc le problème, sous peine d’avoir à gérer une quatrième crise pour la même raison le lendemain !

Pour éviter la crise, vous pouvez créer une sorte de diversion dans son esprit en mettant votre enfant face à un choix. Cela lui donnera un sentiment de liberté, et l’impression que le fait de mettre ses chaussures n’est pas une obligation. Demandez-lui par exemple : « Tu veux mettre tes chaussures ou ton manteau en premier ? » Vous verrez, il y a de grandes chances pour que votre enfant « oublie » qu’il n’aime pas mettre ses chaussures en choisissant ce qu’il souhaite faire en premier !

Les clefs de votre passéDans le même ordre idée, vous pouvez également utiliser la psychologie inversée. Il s’agit tout simplement de dire le contraire de ce que vous voulez lorsque vous savez que votre enfant est dans une phase de refus systématique. Si vous dites « Aujourd’hui, on ne met pas ses chaussures », il est fort probable que votre enfant vous réponde « Si si ! Moi je mets mes chaussures ! »

Cultivez l’empathie

Afin d’aider votre enfant à gérer sa frustration et à s’exprimer autrement que par une colère qui n’est pas constructive, vous pouvez également lui apprendre à se mettre à la place de l’autre. De cette manière, il pourra prendre conscience de l’effet que son comportement peut avoir sur les émotions de ses parents.

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Commencez en prenant la chose comme un jeu avec votre enfant. Vous pouvez dire par exemple : « Moi, je ne veux pas mettre mes chaussures ce matin. Non, non, non, non !» en l’imitant et en grossissant le trait. Plus vous jouerez avec votre enfant, plus cela l’amusera… et plus il vous sera facile d’entrer dans son univers et de le faire entrer dans le vôtre. Très vite, votre enfant prendra conscience qu’il est très difficile de devoir faire face à de tels refus.

J’ai moi-même beaucoup utilisé cette technique avec mes filles lorsqu’elles étaient petites et qu’elles s’opposaient très fort à beaucoup de choses. Lorsque nous étions ensemble, j’aimais jouer à être leur enfant. Elles adoraient cela… Du moins au début, car rapidement je n’étais plus l’enfant parfait qu’elles attendaient ! Au contraire, je reproduisais avec elles des choses qui m’avaient posé problème dans la journée.

Essayez, et vous verrez ! Faites le petit bébé. Puis par exemple, quand votre enfant voudra vous habiller, dites : « Non, je ne veux pas ! » Très vite, vous verrez votre enfant prendre conscience de la difficulté qu’il y a à se retrouver dans une telle situation. Il est même possible que sa frustration soit grande, et que votre enfant se montre subitement assez triste… Mais cela n’est pas grave, lorsque l’on sait comment rebondir avec bienveillance sur cette frustration.

Osez la culpabilité

Je ne vais pas vous mentir, il est toujours difficile pour un parent de voir son enfant triste… et ce, quelle que soit la situation. Malheureusement, pour accompagner son enfant sur le chemin de l’empathie, il faut parfois en passer par là.

En jouant à faire l’enfant qui s’oppose, le vôtre devrait rapidement se sentir désemparé.
En jouant à faire l’enfant qui s’oppose, le vôtre devrait rapidement se sentir désemparé. Si tel est le cas, faites-lui prendre conscience, avec bienveillance, de ce que l’on ressent dans cette situation. Quel effet cela fait-il d’avoir face à soi quelqu’un qui est dans le refus systématique, alors que l’on est soi-même dans la douceur et dans l’écoute ? Pour qu’il le sache, accueillez simplement l’émotion de votre enfant, et demandez-lui ce qu’il ressent.  
Maintenant, dites-lui que lorsqu’il est dans le refus et dans la colère, vous ressentez exactement la même chose que lui à ce moment.

Cette technique pourra paraître assez dure pour certains parents, mais elle est très efficace. Et n’oubliez pas que la culpabilité est le moyen de prendre conscience de nos mauvais comportements, ce qui serait néfaste consisterait à culpabiliser votre enfant. C’est une simple nuance, toutefois la culpabilité et la culpabilisation sont très opposées en termes de bienveillance éducative. Dans le premier cas, il s’agit de monter à son enfant les conséquences de son comportement dans l’autre, de le rendre responsable.

Plus important encore, je suis convaincue qu’elle permet aux enfants de cultiver la petite dose de culpabilité nécessaire à une véritable empathie. Je le sais bien, la culpabilité a mauvaise presse… Elle est pourtant une émotion tout à fait naturelle et saine ! Elle permet à l’homme de vivre en société, de se mettre à la place de l’autre et de ne pas se prendre pour le centre du monde ! L’empathie et la culpabilité sont des talents précieux, qui nous permettent d’être des êtres humains bienveillants et à l’écoute. Aidons nos enfants à les utiliser à bon escient !

Vous le voyez, il existe plusieurs méthodes efficaces pour éviter les crises de colère. Selon votre personnalité et celle de votre enfant, certaines fonctionneront mieux que d’autres… Mais je vous conseille en particulier d’utiliser cette colère comme levier pour apprendre à votre enfant à cultiver son empathie. Malheureusement, l’empathie comporte son lot d’émotions négatives…

Mais elle est essentielle pour mener une vie épanouie, dans l’écoute et le respect des autres et de soi- même.

oi